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Astronomies Enquête à travers les mythes et les sites archéologiques TEXTE PATRICIA JANSSENS D e tous temps, et quelle que soit sa civilisation, l’être humain s’est posé des questions sur ses origines et a cherché dans le ciel une explication de l’ordre du monde. L’ouvrage* de Yaël Nazé, astronome, cher- cheur qualifié au FNRS au département d’astrophysique, géophysique et océanographie de l’ULiège, revisite les histoires célestes et nous invite à un voyage passionnant à travers les âges, entre astronomie et archéologie. Pour expliquer la place de l’homme dans l’Univers, cer- tains ont inventé des histoires, des contes, des mythes qui donnent les clefs du “pourquoi ?”, voire du “comment ?”. En Égypte ancienne, par exemple, les dieux du panthéon sont associés aux astres. « Ce n’est guère étonnant, explique Yaël Nazé, car les astres donnent un repère dans l’espace – les points cardinaux – et leur mouvement régulier rythme l’écoulement du temps tout en affirmant leur immortalité. Sources de lumière et situés au-dessus de nous, les astres dominent le monde. Et les mythes racontent une histoire pour expliquer, par exemple, le passage du jour à la nuit. » Plusieurs civilisations considèrent le Soleil comme le plus important des dieux. En Grèce antique, la légende veut qu’Hélios, avec sa chevelure d’or et son visage rayon- nant, s’élance chaque matin vers le ciel avec son char et revienne le soir au palais. « Le Soleil n’est pas toujours un dieu mâle, poursuit Yaël Nazé. Au Japon, c’est une femme, Amaterasu-O-Mi-Kami, qui éclaire le monde. Elle est la pro- tectrice des hommes et l’ancêtre des empereurs. » La contemplation du ciel éveille aussi une attitude plus savante : mesures et observations se muent progressi- vement en véritable science. Une tablette d’argile du site d’Uruk (premier millénaire avant notre ère) conservée au British Museum de Londres, dresse un catalogue de 26 étoiles pour mesurer le temps qui passe, par ailleurs un texte chinois rapporte l’éclipse lunaire de 434. L’héritage des Mayas, s’il nous est arrivé par bribes, montre que l’astronomie tenait une place importante dans leur savoir. Mais « toutes les reliques à contenu astronomique ne sont pas égales certaines sont l’œuvre de véritables observatoires et restituent des années d’observation sys- tématique du ciel. C’est ainsi que quatre astronomies anciennes retiennent particulièrement l’attention des astronomes : l’asiatique, l’européenne, l’arabe et la méso- potamienne », précise l’auteur. En étudiant les monuments et les sources écrites encore accessibles, le livre montre que la science des Anciens n’est pas négligeable. Des traces de ce savoir imprègnent encore notre quotidien : la semaine de sept jours, l’année de 365 jours, la journée de 24 heures, l’orientation des bâtiments, etc. « Même la navigation utilise toujours le ciel : hier les étoiles, aujourd’hui les satellites GPS… » *Yaël Nazé, Astronomies du passé. De Stonehenge aux pyramides mayas, Belin, Paris, 2018 septembre-décembre 2018 / 271 ULiège www.uliege.be/LQJ 77 '+1% *.%,1.,*

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