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exemple, l’homme aurait-il le droit de vie et de mort sur l’animal ? Les mises à mort sont fréquentes : pensons à l’élevage intensif, à la disparition des espèces à cause de la chasse à outrance, de la raréfaction de leur nourriture, du changement climatique, etc. « Notre monde est anthro- pocentré : nous avons perdu le contact avec la nature et vivons dans l’illusion de la supériorité de l’espèce humaine. Mais les choses changent car nous nous devons de trouver les clés d’un nouveau “vivre ensemble”… », se réjouit le Pr Vandenheede. Informations sur les études * www.programmes.uliege.be/info/bachelier/veterinaire neurosciences a permis de reconsidérer l’animal comme un “être sensible”. Comme chez l’homme où les interac- tions entre la psychologie et la santé sont démontrées, la science admet maintenant l’existence d’émotions, d’états de conscience, bref d’une santé mentale aussi chez cer- tains animaux. Conformément aux dires de la plupart des propriétaires, la recherche a montré que le chien avait des capacités cognitives et manifestait des émotions comme la peur, la joie, la colère, etc. L’animal est donc officiellement reconnu comme un être sensible, ce qui se concrétise par une législation abondante en matière de “bien-être animal”. Dans cette optique, le Pr Vandenheede assure notamment des consultations d’éthologie à la clinique des animaux de compagnie. Il reçoit des maîtres désarçonnés par l’exu- bérance, les aboiements intempestifs ou l’incontinence de leur chien, qui troubles relèvent parfois du psychisme. « Les phobies, l’anxiété, les troubles compulsifs, cela existe aussi chez les animaux, affirme-t-il. Ces notions sont d’ailleurs intégrées dans la formation de nos étudiants. » Progressivement, l’idée que les mammifères éprouvent des émotions s’est imposée et, dans la mesure où les animaux sont reconnus comme êtres sensibles, le regard des scientifiques à leur égard s’est modifié. Depuis dix ans maintenant, on constate un regain d’attention de la part des chercheurs. « On assiste à un “tournant animaliste” en anthropologie, reprend la Pr Véronique Servais à l’origine du certificat d’université en “médiation animale et relations à la nature” . Manifestement, les sciences humaines s’inté- ressent davantage aux relations entre l’humain et l’animal, entre l’humain et la nature, et l’environnement en géné- ral. Auparavant, ce type de relations était étudié dans les sociétés exotiques. Aujourd’hui, c’est bien au sein de notre société que les problématiques sont envisagées. » Les animaux apportent-ils des bienfaits ? Pour la Pr Véronique Servais, la réponse n’est pas évidente. « Certes, le fait qu’un très grand nombre de personnes possèdent un animal est le signe qu’il nous apporte quelque chose. Mais ce n’est pas une preuve. Quand on les inter- roge sur les bienfaits que leur apporte une présence ani- male à la maison, les gens placent en premier lieu le com- pagnonnage et le sentiment de sécurité – même lorsqu’il s’agit d’un chat ! Dans une expérience bien connue, le Pr Aaron Katcher et ses collaborateurs ont montré que la présence d’un animal de compagnie (en l’occurrence un chien) a pour effet de diminuer le stress chez des enfants à qui on demande de lire un texte à haute voix. Sa présence semble apaisante, vivante, sécurisante. Plus récemment, des chercheurs allemands et autrichiens ont confirmé cet effet, et montré que la présence d’un chien est plus ras- surante que celle d’un adulte bienveillant. Ils relient leurs résultats à la théorie de l’attachement et font l’hypothèse que le toucher, qui libère de l’ocytocine et agit sur l’hor- mone du stress, en est un élément important. Cela dit, la plupart des études qui ont cherché à mettre en évidence une corrélation directe entre la santé et la possession d’un animal ont conduit à des résultats contradictoires. Il est difficile d’établir des statistiques sur le sujet, soit parce que l’effet est trop faible, soit parce qu’il s’agit avant tout d’une histoire de rencontres, d’histoires personnelles par défini- tion très variables. » Différentes études ont été menées avec des enfants malades. Au Centre hospitalier régional de la Citadelle à Liège, une ASBL propose aux enfants de rencontrer des chiens-visiteurs. « L’animal sert de médiateur entre les enfants et les soignants ; il apporte une touche d’humour, offre un refuge sécurisant. Pour les enfants, il peut être un confident, un ami ou un compagnon de jeu. Par ailleurs, de nombreux praticiens introduisent aujourd’hui des animaux dans leur pratique de soin, note la Pr Véronique Servais. C’est une relation qui compte, qui ne remplace pas les relations humaines, mais qui s’ajoute à elles et enrichit la relation thérapeutique d’une dimension émotionnelle et non verbale qui a son importance. » Un tel type d’activité est aussi plébiscité dans les maisons de retraite, dans les centres fermés, les prisons. Des questionnements nouveaux surgissent mainte- nant avec encore plus d’évidence : au nom de quoi, par Pour aller plus loin Réécouter la conférence “Le bien-être des hommes et des animaux” du 6 octobre 2018. Avec la participation de Matthieu Ricard et du Pr Marc Vandenheede notamment. * https://www.youtube.com/watch?v=-YochNE6Qgg Véronique Servais, “L’attachement aux animaux de compagnie”, dans le magazine Sciences humaines n°314, avril 2019. Certificat d’université en médiation animale et relations à la nature Les bienfaits des interactions entre patients et animaux sont reconnus par les professionnels de la santé. Dans ce contexte, le certificat est une formation interdisciplinaire qui vise à une compréhension du travail avec les animaux et à un regard critique et réflexif sur cette pratique. * tél. 04.366.91.07, courriel formation.continue@uliege.be , programme sur www.programmes.uliege.be/info/mediation-animale 14 mai-août 2019 / 273 ULiège www.uliege.be/LQJ 15 mai-août 2019 / 273 ULiège www.uliege.be/LQJ à la une à la une

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