En 2022, la “Commu” soufflait ses 50 bougies. Sans une ride, elle s’offrait même avec la Grand Poste* une cure de jouvence spectaculaire. Ce n’est pas tout, pourtant. Les nouveaux équipements s’inscrivent dans une vision plus large, et le virage copernicien amorcé il y a une dizaine d’années percole aujourd’hui aux quatre coins du département, jusque dans son intitulé. Ne parlons plus d’“information et communication”, mais bien de “médias, culture et communication”. Les médias et la culture au sens le plus large, en tant que liant d’une société, sont progressivement devenus les objets d’attention principaux. « C’est peut-être le phénomène de société qui a le plus évolué depuis la création du département au début des années 1970, reconnaît le Pr Dick Tomasovic, président du département. À l’époque, les grandes théories de la réception, de l’information et de la communication questionnaient les médias de masse et leur influence. Aujourd’hui, non seulement les médias sont devenus plus interactifs, mais tout le monde peut devenir auteur, et ce jusque dans la sphère privée. La critique des médias, l’observation sur les manières de produire et de diffuser la matière sont fondamentales et traversent la médiation culturelle comme le journalisme et les arts du spectacle. » UNE PRATIQUE AU SERVICE DU SAVOIR L’enseignement universitaire est réputé pour former des citoyennes et citoyens forts d’un esprit critique aiguisé et d’une culture générale robuste. « Pourtant, les générations actuelles d’étudiants réclament de l’université une approche plus professionnalisante. On s’y refuse. Par contre, cultiver différentes manières d’ancrer un savoir, d’y accéder nous paraît pertinent. » Cette velléité de pragmatisme n’est pas neuve. Depuis une quinzaine d’années, le journalisme a progressivement basculé du statut d’objet d’étude à une pratique à laquelle on se prépare. La Grand Poste signe ainsi l’aboutissement de cette mutation. Depuis 2021, les étudiant·es en journalisme y évoluent dans une structure multimédia de niveau professionnel. 1100 m2 aménagés sur deux étages abritent la radio 48FM, une newsroom, un studio télé et multimédia de 50 places, une salle de rédaction, plusieurs unités de montage et studios de face-cam, un studio data pour se former à la gestion des données numériques, une classe, etc. Plongée au milieu d’un espace entièrement alloué aux entreprises baignant dans le numérique et les médias, cette plateforme pédagogique innovante et performante offre aux étudiant·es les outils les plus pointus pour apprendre, expérimenter, inventer, se former et réfléchir sur le métier de journaliste. Cette hybridation progressive a dans le même temps percolé en médiation culturelle, dans les métiers du livre et en arts du spectacle. « Confier certains cours à des professionnels a eu un impact sur l’enseignement, sur les possibilités de stage et sur des orientations plus ciblées vers le marché du travail, admet le Pr Dick Tomasovic. Aujourd’hui, en conservant la qualité universitaire de la formation, les étudiants bénéficient de plus de passerelles et d’un meilleur accompagnement dans le début de leur carrière. » Pratique et théorie s’entrecroisent et favorisent ainsi de nouvelles ouvertures intellectuelles. Dans cette optique, le laboratoire d’information et de communication audiovisuelle et multimédia (Licam) a été entièrement renouvelé. Situé place du 20-Août, il met à disposition des caméras, du matériel d’éclairage et de prise de son haut de gamme ainsi que cinq bancs de montage optimisés pour les formats longs. Engagée il y a trois ans comme logisticienne audiovisuelle, Fanny Pluymers y dispense également un cours de techniques audiovisuelles au terme duquel les étudiant·es réalisent le remake d’une scène de film. « Ces évolutions portent leurs fruits : les étudiants font maintenant preuve d’une grande maîtrise des outils numériques. Par ailleurs, certains ateliers ont été confiés à deux cinéastes reconnus, Christophe Hermans et Karima Saïdi, qui les placent face à la réalité du métier. Se retrouver derrière la caméra, éprouver soi-même le processus cinématographique (scénario, production, * voir l’article “Métamorphoses” paru dans le LQJ de janvier 2021 : https://www.lqj.uliege.be/GrandPoste mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 22 omni sciences
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