associée aux médias numériques. L’image du cloud, elle, oriente vers un imaginaire de l’immatérialité, alors que le monde digital dépend d’infrastructures volumineuses qui pèsent sur l’environnement. Dans cette formation, nous abordons encore d’autres enjeux, comme le capitalisme de surveillance, les algorithmes, la transparence, la culture participative, les représentations médiatiques, les enjeux qui entourent la lutte contre les fake news, etc. Surtout, nous apprenons aux étudiants à utiliser des outils et des sources pour se mettre à jour de manière autonome, afin de coller constamment à l’évolution des médias et de leur environnement. » L’ÈRE DU TEMPS COMME ADN Il y a un peu plus de 50 ans, le Pr Jacques Dubois estimait que l’université de Liège passait à côté de son temps si elle ne s’intéressait pas aux médias. Le journalisme évoluait, les cultures populaires se déployaient, véhiculées par la littérature de genre, le cinéma, le théâtre. Parallèlement, les campus étasuniens accueillaient les nouvelles théories de l’information et de la communication et assistaient à l’irruption des gender studies. Toute cette ébullition restait inconnue à Liège. En 1972-1973, le Pr Dubois contribua grandement au lancement de la “huitième section”, celle qui fera la part belle aux médias. Dès le départ, les programmes furent portés par des générations d’étudiants brillants. André Lange d’abord, et puis Philippe Dubois et Yves Winkin, pour ne citer qu’eux. L’un croise les romanes et l’histoire de l’art pour étudier le cinéma, l’autre puise dans l’anthropologie et les nouvelles théories de la communication. En construisant leur carrière, ils forgent l’ADN du département dans l’interdisciplinarité et le mouvement. Au tournant des années 1990, le cursus se singularise. Là où d’autres institutions abordent le marketing et la communication d’entreprise, Liège explore la philosophie morale, les médias et la culture au sens large. Et, tout au long de son histoire, le département forme des étudiant·es qui développent des activités connexes : le Ciné-club Nickelodéon, la radio 48 FM… Le cinéma, le théâtre, la bande dessinée, chaque nouvel objet d’étude doit d’abord affirmer sa légitimité avant de faire jurisprudence. Les querelles perdent en virulence, la progression au cœur de la culture de masse gagne en souplesse, comme en témoigne la percée du jeu vidéo. L’Université pouvait-elle passer à côté d’un tel sujet ? Le département a tranché, ouvrant grandes les portes aux révolutions à venir. mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 25 omni sciences
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