LQJ-285

Trois petites lettres, GPA – clair acronyme de “Gestion pour autrui”– mais immense débat. En scène, deux groupes irréconciliables : d’un côté, celui qui dénonce une atteinte inacceptable à l’ordre naturel (voire divin) et, de l’autre, le partisan de la parentalité pour tous. Le premier fustige la commercialisation du corps de la femme et le second met en avant la détresse des couples qui ne peuvent avoir d’enfants. Au centre des discussions, celles qui décident de porter l’enfant d’un(e) autre et que paradoxalement on entend peu. Monica Bourlet, assistante et doctorante en psychologie clinique (en faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l’éducation), a voulu les écouter. Elle leur a consacré sa thèse intitulée “Étude psychanalytique des aménagements psychiques des mères porteuses dans le processus de la GPA”. Psychologue clinicienne, Monica Bourlet a travaillé de nombreuses années en dehors de l’Université, dans le domaine de la parentalité. « J’ai rencontré la Pr Despina Naziri qui étudie les thématiques de parentalité à l’ULiège. Dans la continuité des recherches du service, j’ai souhaité aborder la GPA sous l’angle des mères porteuses, car elles sont les grandes absentes des études en psychologie clinique. Bien qu’elles apparaissent tout de même sous le prisme des parents d’intention, leur propre vécu de l’expérience, du point de vue psychologique, est encore peu documenté. » En leur garantissant l’anonymat, Monica Bourlet a réussi à constituer un échantillon de 15 femmes répondant à des critères précis. GPA et GPA Il existe deux types de GPA : la “GPA traditionnelle” et la “GPA gestationnelle”. La première réalise la conception au moyen d’un ovocyte de la mère porteuse et des spermatozoïdes du père génétique. Dans ce cas, la mère porteuse est donc également la mère biologique, une pratique associée à la traite d’êtres humains et interdite dans la plupart des pays. « Pour ma part, reprend Monica Bourlet, je me suis intéressée à la “GPA gestationnelle”, une technique qui sépare la procréation (via le recours au corps de la mère porteuse) et la filiation du bébé avec la mère d’intention. » L’ovocyte de la mère d’intention est fécondé par le sperme du père d’intention par une fécondation in vitro, et l’embryon obtenu est ensuite implanté dans l’utérus de la Mèresporteuses “J’ai porté l’enfant d’un(e) autre”. Tel était le sujet de l’intervention de Monica Bourlet, lors du colloque qui s’est tenu sous l’égide du service de psychologie clinique psychodynamique de l’ULiège, en collaboration avec l’université de Poitiers. ARTICLE ARIANE LUPPENS mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 33 univers cité

RkJQdWJsaXNoZXIy MTk1ODY=