mère porteuse. Lorsqu’il s’agit d’un couple homosexuel masculin, l’ovocyte provient d’une donneuse différente de la mère porteuse et l’un des pères donnera ses gamètes. Seules des femmes engagées dans une démarche que l’on pourrait qualifier d’altruiste – c’est-à-dire dont la rémunération ne constitue pas le motif de la démarche – étaient reprises dans l’échantillon et « toutes devaient avoir accouché, précise Monica Bourlet. Je voulais qu’elles aient connu la totalité du processus, jusqu’à la naissance et la cession de l’enfant. » Dans ces conditions de participation, Monica Bourlet a interrogé des Belges en majorité, des Américaines, des Canadiennes et une Colombienne. Aux États-Unis, les GPA sont encadrées par un contrat entre les parties, lequel envisage toutes les hypothèses : implantation du nombre d’embryons, conditions d’avortement ou non, fausse couche, enfant handicapé, déroulement de l’accouchement, cession de l’enfant, etc. « La rencontre entre un couple et une mère porteuse est très souvent organisée par des agences : si la GPA coûte environ 150 000 dollars aux demandeurs, la mère porteuse, qui lors de l’engagement doit avoir des revenus suffisants et jouir d’une bonne santé, percevra environ 20 % de cette somme, à titre de compensation. On peut donc considérer que, du point de vue de la femme, la démarche est vécue comme altruiste », estime Monica Bourlet. Au Canada, au contraire, la rémunération est une infraction et c’est la mère porteuse qui, au final, choisit le couple demandeur. Le plus souvent, ce sont également des agences qui accompagnent les GPA, car elles constituent une protection pour l’ensemble des protagonistes. En Belgique, la GPA n’est ni autorisée ni interdite. « Certains hôpitaux la pratiquent : la Citadelle à Liège, le CHU-Saint Pierre à Bruxelles et l’UZ Gand. Ces institutions définissent des règles qui ne sont pas forcément les mêmes d’un hôpital à l’autre. Cependant, les raisons doivent toujours être médicales, c’est-à-dire que la mère d’intention doit se trouver dans l’impossibilité médicale de porter un enfant. Il ne peut y avoir de raisons “de convenance” (esthétiques ou professionnelles, par exemple). Par ailleurs, il s’agit d’une GPA dite “relationnelle” ou “affective” au sens où est privilégié le fait que la mère porteuse fasse partie de l’entourage du couple d’intention. Ainsi, une femme peut porter l’enfant de sa sœur ou de son frère mais aussi d’un couple d’amis. Les trois hôpitaux insistent sur ce critère : la mère porteuse doit vivre dans l’environnement proche des parents d’intention. Ce qui, en contrepartie, peut entraîner une sorte de “dette à vie” pour eux. » ALTRUISME Si le processus est maîtrisé, les contraintes pour les mères porteuses sont réelles. Elles doivent se soumettre à des protocoles médicaux rigoureux pour vérifier leur état de santé en vue de l’accord pour la GPA. Ensuite, une préparation hormonale est nécessaire afin que leur utérus puisse recevoir l’embryon conçu in vitro avec des gamètes étrangers. « Enfin, à partir du transfert de l’embryon, elles doivent encore prendre des hormones pendant trois mois. Ce sont des protocoles très contraignants : elles se plaignent de nausées et de maux de tête. L’une d’entre elles (qui avait dû réaliser trois transferts d’embryons) avait pris 37 kilos ! » enbelgique, laGPA n’est ni autorisée ni interdite mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 34 univers cité
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