LQJ-285

Malgré des recherches tournées vers l’énergie et l’environnement, la chimiste Catherine Henrist a un jour décidé de passer à la vitesse supérieure au sein de l’Université. Chercheuse autour des questions de production d’énergie solaire, Catherine Henrist s’est de plus en plus rapprochée des salles de cours et amphithéâtres. « J’enseignais déjà la chimie générale, mais, à l’occasion du confinement, j’ai réfléchi à comment exploiter ce temps qui m’était offert, se remémore-t-elle. J’ai alors conçu un cours de chimie des matériaux et développement durable, centré sur ce dernier aspect. » Catherine Henrist espère pouvoir développer ce cours, particulièrement bien accueilli par les étudiant·es, et l’adresser à d’autres sections. Et, dans le même temps, convaincre ses collègues d’une refonte du cursus de chimie, « de façon à rendre nos étudiants capables de mettre au point de nouveaux produits compatibles avec le monde de demain ». Un futur que la chercheuse perçoit avant tout comme tributaire de la question de la raréfaction des ressources. « Qu’on le veuille ou non, les ressources pétrolières et minières s’épuisent, assène-t-elle, et nous avons l’obligation de concevoir des produits qui soient démontables en fin de vie pour pouvoir les recycler efficacement. » À ce titre, Catherine Henrist estime qu’on ne peut faire l’économie d’une réelle réflexion en amont. « Il faut d’abord repenser nos besoins réels à la baisse et ne pas se contenter de substituer un produit par un autre. Nous devons aussi aller vers des matériaux qui soient peut-être moins performants, mais surtout moins chers et plus abondants, explique-t-elle. La course à la performance n’est pas la seule solution. J’ai coutume de dire à mes étudiants que la photosynthèse a changé la face du globe avec un rendement de 4 % ! » En plus de ses activités d’enseignante, Catherine Henrist est également très active au sein du Green Office de l’ULiège. « J’ai rencontré Cécile van de Weerdt, sa coordinatrice, alors que j’étais en quête de plus de sens au sein de mon travail, relate-t-elle. Cela a été une belle rencontre, suivie d’une collaboration forte, porteuse de nombreux projets par et pour les étudiants, et ayant pour but de convaincre de la nécessité d’insuffler la transition au sein de l’Université. » Il est bien sûr impossible qu’un tel investissement autour de ces questions d’avenir n’ait aucun lien avec sa vie de famille. « C’est même par cette voie que tout a commencé », retrace Catherine Henrist. Si elle a réussi à fabriquer de nouveaux possibles dans sa vie personnelle, la chercheuse espère convaincre ses étudiant·es d’en faire autant. « C’est notre rôle de participer à en faire des citoyens et citoyennes capables de contribuer à une société meilleure, s’exclame-t-elle. Et j’ai le sentiment qu’avec la nouvelle équipe rectorale, un vent de changement souffle au sein de l’Université. Je souhaite tellement que ces frémissements prennent de l’ampleur afin que tout le monde s’en empare, et qu’enfin s’opère un courageux tournant. » * article complet signé Thibault Grandjean sur www.uliege.be/fabrique-des-possibles J. Ivens Catherine Henrist “Insuffler l’espoir et sensibiliser les jeunes générations” mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 63 univers cité

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