LQJ-285

GIEC Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) est un organisme intergouvernemental créé en 1988 sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour le développement. Il évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses conséquences et suggère des pistes afin de limiter l’ampleur du réchauffement climatique et de s’adapter aux changements à venir. Le GIEC est composé d’experts scientifiques qui font une synthèse des dernières études en matière de climat. Les rapports du GIEC fournissent ainsi un état des lieux régulier des connaissances les plus avancées. Notons que tous les textes ainsi produits sont relus par des dizaines de milliers de collaborateurs externes et que les auteurs devront répondre de manière argumentée à chaque critique ou observation. Détail intéressant : les scientifiques qui collaborent aux travaux du GIEC le font de manière bénévole. Par conséquent, les travaux du GIEC ne sont pas le fruit de quelques auteurs, mais bien de toute la communauté scientifique qui valide le rapport avant sa publication. Parmi les publications scientifiques référencées dans le dernier rapport on trouve pas moins de 177 travaux de chercheur·es de l’ULiège. Cela signifie-t-il que nos efforts sont sans effets ? « Non, heureusement. Les politiques de réduction de nos émissions de CO2 sont efficaces en ce sens qu’elles vont permettre de les stabiliser au cours de cette décennie, estime Xavier Fettweis. Mais il faut faire beaucoup plus d’efforts pour limiter l’augmentation des températures à +1,5° et infléchir sérieusement la courbe, c’est-à-dire restreindre de manière radicale nos émissions, d’autant que le temps de vie des gaz à effet de serre avoisine les 100 ans ! » Le développement des énergies renouvelables (soleil, vent, biomasse) s’avère indispensable. Quoi qu’il arrive dans un proche avenir, le dérèglement va se poursuivre jusqu’en 2050 au moins. Il va donc falloir s’adapter. « Nous devons nous préparer à faire face aux hausses de température, reprend Xavier Fettweis : concevoir des bâtiments adaptés aux hivers doux et aux étés de plus en plus souvent caniculaires, et gérer l’eau car elle sera plus rare, même en Belgique ! » Planter des arbres pour capter le dioxyde de carbone est vivement recommandé également. Mais l’inquiétude est telle que le GIEC préconise d’aller “pomper” le CO2 dans l’atmosphère. « Techniquement, la chose est imaginable, affirme Xavier Fettweis. Mais il faut disposer d’une quantité énorme d’électricité verte. Le CO2 ainsi capté pourrait alors être transformé en gaz de ville. » En attendant, nous devons viser la neutralité carbone. Comment ? « En déplaçant les investissements dans les énergies fossiles vers les énergies renouvelables qui, à terme, seront extrêmement rentables, expose Xavier Fettweis. En supprimant les voitures personnelles pour imposer les moyens de transport collectifs, en achetant des produits locaux pour éviter les importations de marchandises, en adoptant une alimentation plus végétale, en exigeant la fin de l’obsolescence du matériel (électro- ménager, informatique, etc.), notamment. » Il n’est pas trop tard, mais il est temps. « Nous disposons collectivement des ressources et des connaissances nécessaires pour relever le défi, conclut le Pr Fettweis. Et ce d’autant que les mesures en faveur du climat sont bénéfiques tant pour la santé humaine que pour la réduction des inégalités. » Tout est à notre portée et la Belgique pourrait montrer l’exemple. * rapport sur le site https://www.ipcc.ch/assessment-report/ar6/ mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 67 omni sciences

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