ment ; l’innovation, c’est-à-dire la transformation de cette recherche en quelque chose d’utile au monde extérieur ; le support aux chercheurs ; enfin, les relations avec les entreprises, autrement dit le rôle de porte d’entrée à l’Université pour celles-ci. La cellule RISE mène donc, en somme, une mission de facilitation : nous voulons être là pour favoriser les interactions de nos chercheurs avec le monde extérieur, bailleurs de fonds ou entreprises. LQJ : Au regard de votre passé de serial entrepreneur, de votre intérêt pour les jeunes pousses, faut-il s’attendre à ce que davantage d’attention et de moyens soient accordés aux transferts de technologies, et en particulier à la création de spin-offs ? D.M. : Il est d’abord important de souligner que la recherche fondamentale et la recherche appliquée sont interdépendantes. La première constitue une part importante de l’empreinte de notre Université dans la société qui bénéficie tous les jours de l’accroissement des connaissances et du savoir auquel nos chercheurs contribuent. Quant à la seconde, elle doit, à mon sens, correspondre aux besoins de son écosystème, sans nécessairement être dirigée par lui. C’est un exercice difficile, une sorte d’équilibre à trouver. La recherche doit tendre à la valorisation en termes de transfert de technologies et de connaissances. Il existe aujourd’hui deux manières de réaliser ce transfert. La première consiste à octroyer à des tiers des droits d’exploitation sur des résultats de recherches. La seconde manière revient à incorporer des sociétés dites spin-offs, ce qui suppose que chercheurs souhaitent prendre la direction, à tout le moins scientifique, de ces sociétés. Autrement dit, trouver des individus qui, non seulement mènent des recherches valorisables sur le marché, mais ont aussi la fibre entrepreneuriale. Certains ne souhaitent pas s’engager dans ce type de parcours, et nous respectons cette volonté. L’idée qu’il faille faire sortir les scientifiques de leurs laboratoires pour les transformer en entrepreneurs n’a aucun sens. En revanche, il faut être là pour soutenir ceux et celles qui souhaitent s’engager dans un parcours entrepreneurial. LQJ : Comment s’y prendre ? D.M. : Beaucoup de chercheurs n’imaginent pas que leurs travaux puissent être valorisés. Chez RISE, nous devons donc faire parler ces chercheurs et chercheuses de manière proactive, comprendre leurs recherches – ce qui implique d’avoir les ressources scientifiques adéquates – mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 7 l’opinion
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