tiatives, notamment en recherche fondamentale. C’est un message important. Nous avons tout intérêt à ce que nos spin-offs soient successful. LQJ : Justement, tous les projets de recherche ne déboucheront pas forcément sur une valorisation monétaire. Quid alors de recherches menées en sciences sociales, en linguistique, en archéologie, etc. ? D.M. : Valoriser notre recherche ne veut pas forcément dire en tirer des revenus. Valoriser, c’est en développer les impacts sociétal, économique, environnemental, etc. Mon propos n’est donc pas de délaisser des initiatives sans lien direct avec le monde de l’entreprise. Chacun a pu se rendre compte, j’espère, qu’il n’y a pas eu depuis mon arrivée quelque désinvestissement que ce soit. Nous nous préoccupons tout autant des recherches qui, lorsqu’elles se donnent à voir au grand public, contribuent au rayonnement de notre Institution. Après tout, ces recherches, qui ont été financées par de l’argent public, doivent pouvoir retourner vers la société d’une manière ou d’une autre, fût-ce sous la forme d’expositions – je pense notamment au récent “Printemps Simenon”– mais pas seulement. Je songe également à Veerle Rots, archéologue et directrice du TraceoLab à l’ULiège, lauréate du prix Francqui 2022 en sciences humaines pour ses recherches pionnières sur les outils du Paléolithique. Le Conseil universitaire de la recherche et de la valorisation de l’ULiège lui a confié une bourse pour développer un centre de compétences susceptible d’attirer des chercheurs internationaux. Je pourrais citer d’autres exemples. Cette forme de valorisation s’inscrit donc dans un effort de communication, lequel constitue le troisième pilier de notre plan d’action. Nous voulons que notre Institution multiplie ses contacts avec la société au sens large, en sorte d’y créer une appétence pour notre recherche. Je précise que, pour RISE, toute recherche a une valeur équivalente, indépendamment de la Faculté où elle est menée. Notre rôle est de trouver les meilleurs instruments pour la financer. En prenant appui sur notre connaissance pointue des bailleurs de fonds aux niveaux régional, communautaire et européen, nous pouvons définir avec les chercheurs des stratégies de candidature, ou les aider dans la rédaction de leurs réponses aux appels à projet. Nous communiquons aussi à l’ensemble des chercheurs, via une newsletter, les nouveaux programmes de recherche susceptibles de les intéresser. C’est l’activité principale de RISE : faire en sorte que chaque recherche trouve un financement. LQJ : Dans quelle mesure les acteurs du monde extérieur, en particulier les entreprises, souhaitent-ils travailler avec l’Université ? D.M. : Les contacts sont multiples et variés. Tel laboratoire et telle entreprise décident de travailler ensemble à un projet de type pôle de compétitivité. Telle entreprise nous sollicite – et nous finance – pour résoudre un problème spécifique. Telle grande société nous approche pour explorer d’éventuelles synergies. Il reste que, si ces deux mondes souhaitent travailler l’un avec l’autre, ils ne savent souvent pas comment s’y prendre. Ce sont deux mondes qui n’ont pas les mêmes logiques, temporelles notamment. Le monde de l’entreprise tend à travailler par “essai-erreur”, là où nous avons tendance à faire les choses excessivement bien. Nous rajoutons donc souvent un temps considérable à la décision, ce que le monde extérieur ne comprend pas. Le rôle de RISE est d’identifier préalablement ces “goulots d’étranglement”, de proposer des programmes structurants visant à réduire les incompréhensions, et ainsi de faire de l’Université un partenaire avec lequel il est aisé de collaborer. Je souhaite pour ma part que l’ULiège devienne, à tout le moins en Région wallonne, “le” partenaire de choix des entreprises lorsqu’il s’agit de faire de la R&D. * www.uliege.be/Rise mai-août 2023 i 285 i www.ul iege.be/LQJ 9 l’opinion
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