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Dick Tomasovic, président du département médias, culture et communication, qui signe dans le catalogue de l’exposition un article sur les liens de Bill Viola avec le cinéma, rappelle qu’il a reçu les insignes de docteur honoris causa de l’ULiège en 2010. « C’est un pionnier de l’art vidéo, explique-t-il, assez tôt repéré par “Vidéographie“, l’émission de la RTBF qui se tournait à Liège dans les années 1970. » Après des études d’arts plastiques, Bill Viola se passionne rapidement pour la musique électronique et le signal audiovisuel. Il considère le signal électrique comme une matière à part entière. Dans un article paru sur le site Culture, Dic Tomasovic explique que “Bill Viola envisage la vidéo comme une extension de ses recherches musicales : il signe d’ailleurs une pièce “Information“ consacrée au traitement du signal électrique”. Bill Viola voyage en Orient, au Japon notamment. “Il entame une véritable quête spirituelle, qui se reflètera dans ses œuvres. Ses thèmes de prédilection (vie, mort, spiritualité, solitude), ses références symboliques et stylistiques (il aime le silence, opère des ralentis extrêmes qui dilatent la perception du temps) en font le principal représentant d’une certaine tendance lyrique de l’art vidéo. La caméra devient son outil de référence qui dissèque et analyse le rapport au monde, mais l’image projetée fait place à l’émotion.” L’eau, sous toutes ses formes, est également au cœur de sa rhétorique visuelle : “L’installation Five Angels for the Millenium en 2001 donne à voir en une série de projections cinq corps s’animer verticalement en plongée dans un liquide que l’on imagine vital ; Emergence en 2002 fait surgir un corps christique d’un baptistère, et Ocean Without a Shore, une installation présentée en l’église de San Gallo à Venise en 2007, fait revenir les morts à travers un rideau d’eau...” Ce motif récurrent s’accompagne d’un travail sur la temporalité, le ralenti à l’extrême notamment. La dimension illusoire du temps est révélée “par des phénomènes d’inversion, d’ellipses, de ralentissement, d’accélération ou de variation soudaine de point de vue”, observe le professeur. Qui conclut : “Véritable poète de l’art vidéo, explorateur de l’indicible, travailleur solitaire, habile technicien et bricoleur de génie, peintre des passions silencieuses et cinéaste des mouvements immobiles, Bill Viola est un artiste alchimiste, transmutant sons et images pour nous affranchir des limites de notre perception”. Bill Viola. Sculptor of Time Exposition au Musée de la Boverie, parc de la Boverie 3, 4020 Liège. * site www.laboverie.com Rétrospective Bill Viola. Sculptor of Time Bill Viola est l’un des artistes majeurs de notre époque. Le musée de la Boverie à Li ge expose 18 de ses œuvres jusqu’au 28 avril. Bill Viola, Fire Woman, 2005. Video/sound installation. Kira Perov © Bill Viola Studio Pour aller plus loin • article du Pr Dick Tomasovic sur le site Culture de l’ULiège, en 2010, https://culture.uliege.be/jcms/ prod_207077/fr/bill-viola • catalogue de l’exposition du Musée de la Boverie : Bill Viola- Sculptor of Time, Tempora, 2023 janvier-avril 2024 i 287 i www.uliege.be/LQJ 21 omni sciences

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