LQJ-287

Depuis sa création en 2021, l’unité de recherche “Ruche” jette un regard interdisciplinaire sur des problèmes de santé et d’éducation afin d’adopter une approche holistique de l’individu. Une troisième ambition vise à inclure les innovations en matière de santé dans ses différents projets. Le symposium consacré à la réalité virtuelle s’inscrit parfaitement dans cette optique. L’initiative en revient à Aurélie Wagener, psychologue clinicienne et première assistante au département de psychologie*. Même si le terme résonne de manière de plus en plus familière aux oreilles de tout un chacun, rappelons que la réalité virtuelle implique une immersion totale de l’utilisateur dans un environnement généré par ordinateur, et ce généralement grâce à l’utilisation d’un casque particulier « dont la fourchette de prix, indique Aurélie Wagener, oscille entre 350 et 1350 euros ». À vrai dire, la réalité virtuelle n’est pas chose nouvelle à l’ULiège. En effet, cela fait déjà plusieurs années que la Clinique psychologique et logopédique universitaire (CPLU) y a recours sous l’égide de la Pr Anne-Marie Etienne, à l’initiative d’une collaboration avec le Pr Stéphane Bouchard de l’université du Québec en Outaouais, spécialiste de la réalité virtuelle. Celle-ci avait notamment débouché sur l’achat par la CPLU des 12 environnements développés par le Pr Bouchard, lesquels permettent de traiter les phobies, le stress post-traumatique, le trouble de l’anxiété généralisée ou encore les multiples “TOC”, les troubles obsessionnels compulsifs. « Depuis 2017, nous développons aussi nos propres environnements, grâce à l’aide de l’équipe du Pr Michael Schyns à HEC-École de gestion de l’ULiège et à celle du laboratoire de réalité virtuelle et augmentée », précise Anne-Lise Leclercq. Fruits de ce partenariat, trois environnements ont été acquis pour faciliter l’apprentissage des stratégies de relaxation. « Dans les trois cas, on se trouve dans la nature, car c’est un lieu propice pour la détente, décrit Aurélie Wagener. Le premier est boisé avec des écureuils, des oiseaux, etc. ; le deuxième nous transporte sur une plage avec des transats, un paysage plat et une grande étendue d’eau ; enfin, le troisième ressemble à une île paradisiaque. » Les environnements ne constituent pas de simples décors : ils transforment la réalité virtuelle en un véritable outil transversal, et ce notamment en psychologie et en logopédie. « Il s’agit bien d’un dispositif, qui peut être utilisé de manière variée en fonction des objectifs, poursuit Anne-Lise Leclercq. Ce que nous voulons souligner lors de notre intervention au symposium, c’est la multiplicité des possibilités offertes. L’une d’entre elles consiste à pouvoir se confronter de manière répétée à des stimuli anxiogènes. Cela se fait beaucoup en psychologie. En logopédie, la technique peut s’avérer fructueuse pour placer sa voix ou encore pour traiter diverses pathologies. » INDÉNIABLE VALEUR AJOUTÉE Employé tant en psychologie qu’en logopédie, l’environnement “salle de classe” est à ce titre très intéressant dans le traitement du bégaiement, par exemple, ou dans la recherche d’une meilleure performance orale. Constat d’Angélique Remacle : « Conçu dans le laboratoire de cyberpsychologie de Stéphane Bouchard (et utilisé par AnneLise Leclercq dans le cas du bégaiement), l’environnement a été adapté lors de mon séjour dans ce labo afin de permettre l’entraînement des compétences de communication orale des enseignants. » Reste encore à savoir comment introduire la réalité virtuelle dans un processus thérapeutique et à janvier-avril 2024 i 287 i www.uliege.be/LQJ 25 omni sciences

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