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abordées dans les cours, dans le bachelier. Leur apporter des réponses est un nouvel enjeu pour l’Université. Le Festival sera l’occasion d’aborder des problématiques contemporaines, une manière de faire exister des points de vue parfois divergents sur les défis de notre époque, sans agressivité, sur le ton du débat. C’est mon espoir, même si je sais que certains collègues estiment que l’écologie, les questions décoloniales ou de genre n’ont pas leur place dans les amphithéâtres. » PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE Sybille Mertens, professeure à HEC-École de gestion, directrice du Centre d’économie sociale et conseillère de la Rectrice apporte, un soutien sans réserve à cette initiative : « Les dérèglements environnementaux nous obligent à modifier nos habitudes, nos priorités, notre mode de vie. Il faut changer la société, changer de société. Le dire, l’expliquer dans nos cours, c’est notre job. Mais toutes ces informations ne suffiront pas : il faut toucher les citoyens et les étudiants autrement, par l’émotion notamment. C’est la combinaison des approches sensibles et cognitives qui fera bouger les choses, bouger les gens. » Et Sybille Mertens de poursuivre : « Ce qui m’intéresse dans ce festival, c’est l’aspect collectif. Certes nous sommes toutes et tous, individuellement, conscientisés et nous faisons des gestes pour la planète. C’est important. Mais il faut passer à la vitesse supérieure et ne pas individualiser les responsabilités, ce qui mène soit à des impasses, soit à du découragement personnel. Nous avons besoin d’actions et de décisions collectives, d’autant que les décisions politiques ont beaucoup plus d’impact. Mon espoir est que le festival, en rassemblant du public, des étudiants, des chercheurs, des enseignants, des membres de l’administration fasse naître des idées et des projets. La Ceinture Aliment-Terre (aujourd’hui une initiative incontournable) a été discutée pour la première fois lors d’un colloque initié par des étudiants. Les discussions collectives sont souvent le creuset de grands projets. » De quoi enfoncer le clou : « L’Université, à mon sens, doit donner le ton. En matière de transition alimentaire, par exemple : si elle décidait que, désormais, les restaurants universitaires proposent des aliments biologiques et locaux, cela créerait une norme. Elle deviendrait une actrice décisive en matière d’alimentation. Ce serait un signal fort, à l’instar d’Isosl qui livre chaque jour aux écoles 12 000 repas confectionnés avec des produits locaux. L’Université, la Ceinture Aliment-Terre et Liège Métropole s’associent d’ailleurs dans un nouveau “Conseil de politique alimentaire” pour favoriser cette dynamique de transition vers un système alimentaire résilient, sur tout le territoire du “grand Liège”. On pourrait faire de même dans le domaine de l’énergie et de la mobilité, en appuyant nos décisions sur notre expertise scientifique. L’ULiège compte dans la sphère publique. Elle dispose d’une masse critique pour montrer que le changement est non seulement indispensable, mais réalisable. Il y a une forte attente de la part des étudiants, pour une formation en adéquation avec les enjeux de notre époque ainsi que pour une cohérence dans les actes de la part de l’Université. Cela pourrait réduire l’éco-anxiété que l’on note chez eux. » L’ÉVEIL DES RÉDACTIONS « L’organisation d’un tel festival est une aubaine pour les étudiantes et étudiants en journalisme, souligne David Leloup, chargé de cours au département médias, culture et communication et coordinateur du master en journalisme. D’une part, parce qu’ils pourront participer activement à cette manifestation et, d’autre part, parce que le rôle des médias est constamment souligné dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). » Green Office Ouvert à toute la communauté universitaire, le Green Office a pour mission de mobiliser la communauté de l’ULiège autour des enjeux de la transition sociale et environnementale. Il participera au festival R ve général en diffusant des brochures sur l’alimentation durable, en organisant un petit déjeuner équitable et diverses actions de sensibilisation. « L’Université est un vivier de compétences, un lieu propice pour réfléchir, inventer, pour accélérer la transition, déclare Cécile Van de Weerdt, coordinatrice du Green Office. Je pense aussi qu’il faut contrer le sentiment d’éco-anxiété en misant sur l’espoir. C’est la raison pour laquelle nous aimerions inviter des personnalités inspirantes telles que Runa Khan, cofondatrice de l’ONG Friendship au Bengladesh, une référence positive pour les jeunes. » * https://www.green-office.uliege.be/ janvier-avril 2024 i 287 i www.uliege.be/LQJ 48 univers cité

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