LQJ-287

Alors que le réchauffement climatique nous oblige à plus de sobriété énergétique, Sophie Trachte, chargée de cours et architecte spécialiste des questions de rénovation durable et circulaire des bâtiments, y voit une formidable opportunité : celle de refonder nos mod les de pensées, pour que construction et rénovation riment enfin avec gestion écoresponsable des ressources et déchets. Que ce soit pour avoir chaud en hiver ou rester au frais en été, nos bâtiments sont un des premiers postes de consommation d’énergie. C’est la raison pour laquelle l’Union européenne oblige ses États membres à augmenter drastiquement le taux de rénovation de son bâti à l’horizon 2050. Or, « ces opérations de rénovation vont nécessiter une grande quantité à la fois de matériaux et d’énergie, et générer une masse considérable de déchets, avertit Sophie Trachte, chargée de cours et spécialiste de la construction et rénovation durable, à la faculté d’Architecture de l’ULiège. « L’atteinte d’un PEB (Performane énergétique des bâtiments) A (Wallonie) ou C (Bruxelles) ne devrait pas être un objectif sacro-saint qui se ferait au prix d’un impact environnemental dramatique au niveau des ressources. » Il faut dire que la chercheuse connaît bien ces questions. Et c’est parce qu’elles l’ont longtemps habitée durant sa première vie d’architecte que Sophie Trachte est retournée à l’Université, avec l’idée de trouver elle-même des réponses. « Lors d’opérations de rénovation, j’ai trop souvent été témoin de fortes destructions, avec des containers remplis de matériaux considérés comme des déchets alors qu’ils étaient encore en très bon état », évoque-t-elle. Consciente que, comme elle, d’autres doivent se poser les mêmes questions, l’architecte devenue chercheuse s’est spécialisée dans la réhabilitation durable et circulaire du bâti existant, « afin qu’il soit de nouveau utilisable/habitable tout en répondant aux enjeux modernes de confort ». Elle s’intéresse également au développement de nouveaux matériaux à partir de déchets de construction, ainsi qu’aux principes d’adaptabilité et de réversibilité lors de la construction des bâtiments. « À mon sens, l’architecte a un rôle de prévention en amont, afin d’éviter au maximum la production de déchets en fin de vie du bâtiment, juget-elle. C’est pourquoi nous travaillons sur de nouveaux Bâtir la transition : osons l’impossible ! Sophie Trachte Echo janvier-avril 2024 i 287 i www.uliege.be/LQJ 52 univers cité

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