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par tou·tes les résident·es d’une ville est une condition essentielle à son bon fonctionnement. Pour ce faire, la carte permet également aux utilisateurs et utilisatrices de profiter d’avantages locaux, tels que des affiliations aux bibliothèques communales, des réductions dans les institutions culturelles locales, à la piscine communale, ou encore auprès de commerces, de clubs de sport ou de parkings en tant que partenaires privés solidaires du projet. Il s’agit ainsi d’un outil de citoyenneté urbaine inclusif, ayant pour but de lutter contre les inégalités et de renforcer le sentiment d’appartenance à la ville. Le concept est né aux États-Unis dans le prolongement des “villes sanctuaires”, qui, contre les politiques répressives du gouvernement fédéral américain à l’égard des personnes migrantes, ont mis en place des actions en leur faveur. La carte d’identité municipale la plus élaborée est celle de New York : la IDNYC card existe depuis janvier 2015 et fut pensée initialement par des collectifs liés aux personnes sans-papiers et aux personnes LGBTQIA+ dans l’idée de remédier aux inégalités d’accès aux droits fondamentaux de ces publics, tout en étant bénéfique à toute la population. L’initiative a été saluée par le maire de l’époque, Bill de Blasio, qui a mobilisé toutes les strates de la population, institutions, police, services de la ville, associations et autres partenaires privés autour de l’élaboration de cette carte. Plus proche de nous, c’est à Zurich, en Suisse germanophone, qu’un groupe de citoyen·nes a convaincu la ville de s’intéresser à un projet de carte zurichoise directement inspirée de celle de New York. En mai 2022, les autorités municipales ont voté pour la création de la “Züri City Card”, libérant dans un même mouvement, un budget pour sa réalisation. À l’heure actuelle, une équipe de la Ville ratifie toutes les utilisations possibles de la carte afin de préparer sa conception2. En Belgique, un mouvement équivalent à celui des “villes sanctuaires” existe sous le nom des “communes hospitalières”, lancé par le Centre national de coopération au développement (CNCD) en 2017. Tout comme à New York et Zurich, le projet de carte citoyenne communale liégeoise émane aussi de la société civile. Plus précisément, sa réflexion a été initiée au sein d’une organisation membre du collectif “Liège Ville Hospitalière” (LVH), qui rassemble des institutions, des associations, des collectifs et des citoyen·nes autour de l’accueil des personnes migrantes. Le collectif LVH veille au respect des promesses que Liège s’est engagée à suivre au sein de sa motion “Liège Ville Hospitalière”, votée par le Conseil communal à l’unanimité le 27 novembre 2017, dans la foulée de la campagne du CNCD. En novembre 2021, ce collectif LVH a constitué un groupe de travail consacré à la carte citoyenne communale liégeoise. Celui-ci regroupe des membres d’associations et de collectifs tous publics et toutes luttes confondues, des citoyen·nes avec et sans papiers et des représentant·es de la ville de Liège. Il réalise des recherches documentaires, établit un diagnostic des besoins des différents secteurs de la vie liégeoise et opère un travail de négociation et de promotion de l’initiative auprès des autorités communales. En décembre 2022, le vote favorable du Collège communal pour la réalisation d’une étude de faisabilité juridique, financière et administrative pour la mise en place d’une telle carte à Liège a donné un nouvel élan au projet en lui conférant une légitimité renforcée. En juin 2023, une rencontre a été organisée entre de multiples organisations de la société civile (maisons de jeunes, maisons médicales, centres d’insertion socio-professionnelle, associations et services pour les personnes sans-abris, LGBTQIA+, précarisées, seniors, etc.) et des représentant·es de la ville, du CPAS, de la police et de la province de Liège. Une idée a émergé, proposant d’assortir à la carte citoyenne liégeoise une charte, reprenant les objectifs du projet, tel que la lutte contre toutes les discriminations. À ce jour, le projet “Carte ardente” est toujours en cours de réflexion. Il n’est donc pas encore question de son adoption ni de sa mise en place, bien qu’elle soit souhaitée et envisagée par une grande partie des acteurs sondés qui rejoignent le groupe de travail dans la volonté de développer une nouvelle forme de citoyenneté locale à Liège. sentiment d’appartenance Concrètement, la Carte ardente, valable exclusivement sur le territoire communal, accorderait aux résident·es liégeois·es des facilités d’accès à des services et des réductions auprès d’acteurs partenaires. En mettant en place un tel outil, Liège pourrait réactiver l’intérêt de ses concitoyens à l’égard de la vie communale, redynamiser l’attrait auprès des commerces locaux, raviver un sentiment d’appartenance locale, renforcer 2/ Liège Creative a organisé une rencontre le 1er décembre entre le chef du projet de la Züri City Card, un représentant de la ville de Liège et des chercheur·es de l’ULiège. janvier-avril 2024 i 287 i www.uliege.be/LQJ 8 l’opinion

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