Et que ceux qui s’y installeraient, aujourd’hui comme demain, Seraient fiers d’y vivre parce qu’elles seraient plus calmes Plus vivantes Plus mobiles Que toute les autres villes (...) La circulation, ce ne sont pas juste des entrees et des sorties, encore moins des transits ; Non, ce sont des errances, des balades, des explorations Ce sont des trajets, des itineraires, des allers et retours D’un point qu’on aime a un autre qu’on adore en passant par des tas de lieux qui nous fascinent C’est aussi ca, une ville : passer mille fois devant une batisse avant d’un jour oser franchir la porte ouverte Celle d’un thé tre, d’un musee, d’un temple, d’une mosquee, d’une eglise, d’une bibliotheque Celle d’une ecole, d’un funerarium, d’une clinique (parce que la vie n’est pas drole tous les jours) Pour le dire tres vite Une ville, ca bouge dans tous les sens Tous les jours Tout le temps Meme les jours de batte Meme durant les chantiers interminables Meme pendant la Foire Meme quand le tram sera la Parce qu’il est temps de le dire, de l’ecrire, de le crier, Ce tram ne va pas resoudre grand-chose Il est trop petit, trop timide Il manque d’envergure Il n’ose meme pas s’aventurer ailleurs qu’au fond de la vallee Mais c’est un bon debut Il faudra d’autres lignes D’autres solutions D’autres manieres de vivre au fond Que ce soit au bord du fleuve, en haut des collines ou sur tous les espaces entre les deux Il va falloir l’aimer, notre ville De tout cœur De toutes nos forces De toute urgence, surtout Pour convaincre les autres Tous les autres Que c’est ici qu’on est le mieux Que c’est ici qu’on est heureux A pied, a cheval, sans voiture Ou meme avec, allez, Mais des petites alors De toutes petites voitures Legeres comme le sucre sur les croustillons d’octobre Discretes comme les impasses qui se cachent ca et la a travers la ville Ou des voitures partagees, qui ne restent jamais en place Des taxis en d’autres mots Ou des petites voitures qu’on echange contre une grosse ou un minibus quand on a besoin d’emmener toute la famille tres loin et quand il n’y a pas de train contre une camionnette quand on doit demenager contre un corbillard quand on se dit qu’on aura plus besoin de rouler tres longtemps (...) Il va falloir de l’imagination Et de l’energie Pour rever une ville, demain Qui ne ressemble en rien à un embouteillage A un bouchon Ou alors un vrai bouchon en Liege Comme celui qui saute quand on sabre le champagne Et que la vie petille Une ville demain petillante, Habitee, pleine d’une vie Qui grouille Qui agite les rues (...) Parce que Liege petillait bien avant qu’on invente la voiture Parce que Liege petille depuis plus de mille ans Et continuera à le faire Meme quand il n’y aura plus de petrole pour les pneus et pour le carburant Et que meme engluee, meme embouteillee, elle sera toujours plus remuante Liege Que bien des villes concurrentes Ou on se deplace peut-etre plus facilement Mais ou rien ne bouge jamais. * les textes intégraux de Nicolas Ancion sont intégrés dans tous les comptes-rendus des assemblées sur le site www.revonsliege2030.uliege.be mai-août 2024 i 288 i www.uliege.be/LQJ 77 futur antérieur
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