LQJ-289

avancées scientifiques majeures. Je pourrais encore citer d’autres références… Toutes nous incitent à mettre sur pied un Institut consacré aux transitions. LQJ : Quelles seront ses missions ? S.M. : Amplifier les projets de recherche transdisciplinaires, intégrer les résultats dans les cours et les transmettre aussi au grand public. Nous devons définir des pistes pour nous engager dans un futur souhaitable et diffuser les bonnes pratiques partout dans la société. Parce que s’il n’y a pas de changements autour de nous, nous n’y arriverons pas. La création de l’Institut à l’ULiège est un signal fort : il créera un contexte favorable, stimulant, en incluant des citoyens et des citoyennes aux côtés des chercheurs et chercheuses. Et l’on sait que l’engagement des citoyens dans une prise de décision majeure peut recréer une confiance dans le modèle démocratique et favoriser une implication en faveur du monde vivant. L’Institut collaborera évidemment avec les unités de recherche existantes; il jouera un rôle de catalyseur et facilitera le dialogue entre les disciplines, entre l’action et la réflexion. J’ajoute que l’Institut suscitera aussi de nouveaux cursus peut-être, de nouveaux masters en lien avec ces questions cruciales qui intéressent les étudiants et les étudiantes. LQJ : Comment faire ? S.M. : L’Institut soutiendra des projets collectifs visant a esquisser des scenarios de transition possibles. L’enjeu est majeur, car les mutations necessaires pour adapter nos modes de production et de consommation aux limites planetaires engendrent de multiples resistances, a la hauteur des craintes face au changement. Les recherches doivent donc être de nature prospective. Il s’agit d’une recherche qui veut agir sur le monde. Basee sur des methodologies reconnues, elle identifie des futurs souhaitables ainsi que les chemins pour y arriver. Dans un premier temps, des séminaires sur des sujets prioritaires et un programme de formation aux méthodes de recherche transdisciplinaire et prospective seront organisés à l’intention des chercheurs, avec l’appui de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps), notamment. L’Institut travaillera sur plusieurs thématiques essentielles comme la santé (et l’initiative One Health de l’ULiège), l’alimentation, l’énergie, la mobilité, l’aménagement du territoire. Toutes incluent les enjeux de justice sociale. La formulation plus precise de ces thematiques fera l’objet d’une prochaine consultation interne, car l’objectif est d’interagir avec les démarches existantes. Je précise que l’Institut favorisera l’émergence de projets d’ampleur en finançant la phase d’amorçage. LQJ : En premier lieu, l’alimentation ? S.M. : L’agriculture industrielle, majoritaire aujourd’hui, a un impact écologique élevé : on sait que le secteur agricole est responsable de 24 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et de 80 % de la déforestation. Ce qui a des effets néfastes pour la planète (destruction de la biodiversité, pollution des sols, et des eaux...) et des impacts sociaux ravageurs : le secteur agricole concentre deux tiers des travailleurs pauvres dans le monde... Il faut donc repenser l’agriculture, viser la qualité pour le bien de la planète et des humains. Des recherches sont menées en ce sens. Mais l’Université doit aussi montrer l’exemple. Dans les restaurants universitaires, nous pouvons orienter l’offre et proposer des menus sains, socialement et écologiquement septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 11 alma mater

RkJQdWJsaXNoZXIy MTk1ODY=