lors de la grande extinction qui a aussi frappé les dinosaures. C’est cela qui nous passionne : quels sont les phénomènes environnementaux qui peuvent affecter des grands prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire ? Nous avons pu démontrer pour plusieurs groupes de reptiles marins fossiles que si les changements sont brutaux, vous aurez des taux d’extinction importants. » Toute ressemblance avec la situation actuelle…. HYDROGÉLOGIE ET GÉOTHERMIE La géologie n’est pas qu’une science. C’est aussi une science appliquée. Philippe Orban, chargé de recherches au sein de l’unité “Urban and environnemental engineering” de la faculté des Sciences appliquées, le revendique : « Il y a deux grands volets dans le métier d’ingénieur géologue : le volet “ressources minérales et recylage” mais aussi un volet “géologie de l’ingénieur et de l’environnement”. Ces deux volets nécessitent une connaissance approfondie du sous-sol. » Philippe Orban est un ingénieur géologue spécialisé en hydrogéologie ; il étudie donc les ressources en eaux souterraines et la manière de les exploiter et de les protéger. À l’ULiège, on essaie notamment de comprendre comment les eaux souterraines (les nappes aquifères) vont évoluer sous l’impact des changements climatiques. Mais aussi 500 millions d’années racontées par les bâtiments liégeois À l’occasion des 150 ans de la Société géologique de Belgique, Anne-Christine Da Silva, dans la lignée de la superbe expérience Fossiles en ville, a développé avec Réjouisciences un parcours dans le centre historique de Liège qui permet de traverser le temps depuis le Cambrien jusqu’au Paléocène, soit 500 millions d’années. Les pierres utilisées pour la construction, provenant de carrières locales, racontent en effet l’histoire longue du sous-sol wallon. L’occasion pour les promeneurs de découvrir que nos édifices sont de véritables machines à remonter le temps. * www.rejouisciences.uliege.be/balades comment les recharger de manière maitrisée pour faire face aux déficits de précipitations. « Notre travail est aussi de protéger la ressource en eaux souterraines. En résumé, nous produisons des outils d’aide à la décision grâce aux modèles numériques que nous réalisons. Dans tout ce que nous faisons, il y a un aspect expérimental mais aussi de modélisation mathématique. » C’est aussi le cas en géothermie, branche dans laquelle Philippe Orban s’est spécialisé aujourd’hui. « Le sous-sol, explique-t-il, a une qualité extraordinaire : sa température est pratiquement constante. Donc, en hiver, on peut l’utiliser pour réchauffer et, en été, pour climatiser. La géothermie de faible profondeur présente ainsi un atout pour décarboner le chauffage des bâtiments. Mais ceci nécessite de bien comprendre la géologie et la façon dont fonctionne le milieu souterrain pour pouvoir l’utiliser à bon escient de manière durable. » L’ingénieur utilise par conséquent les cartes géologiques, des forages et la prospection géophysique qui permet d’investiguer le sous-sol sans devoir réaliser des forages un peu partout. « Bien comprendre la nature et la structure du sous-sol est primordial, notamment ici en Wallonie où ce sous-sol est complexe. » septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 18 à la une
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