Du nouveau dans l’enseignement : le “Service Learning” fait son entrée à l’ULiège, sous la houlette du vice-recteur à l’enseignement, le Pr Frédéric Schoenaers. Si on en parle encore timidement en Belgique francophone, ce concept d’apprentissage est déjà très développé dans le monde anglo-saxon et hispanique. « Il fait son apparition dans les années 1970 aux États-Unis et en Amérique latine, se propage dans la décennie 90 en Europe et arrive en Belgique vers 2000, explique Gautier Pirotte, professeur en sciences sociales et responsable académique du dossier. Dans ce domaine, les universités de la Fédération WallonieBruxelles ont un peu de retard par rapport à leurs homologues flamandes. La KUL – et singulièrement le Pr Standaert – est très impliquée dans cette “autre méthode d’enseignement” qui conjugue cursus académique et implication dans la société. » Mais de quoi parle-t-on exactement ? « Le Service Learning met l’accent sur l’expérience et le service rendu à la communauté, précise le Pr Pirotte. Les étudiants s’engagent dans la société et répondent à un de ses besoins. Ainsi, ils apprennent à réfléchir sur leur vécu, à la fois sur un plan académique, professionnel et citoyen. » Est-ce comparable aux stages ? « Non, selon le Pr Pirotte. Parce que le Service Learning répond à une demande de la population, alors que le stage vise à la transposition des connaissances théoriques sur le terrain. » Est-ce du bénévolat ? « Non. Le Service Learning comporte un lien avec les études, par le biais d’une réflexion structurée. L’objectif est de collaborer avec une association, pas d’être à son service. » La méthode, soutenue très largement par l’Union européenne et l’UNESCO, tente de répondre à des problèmes sociaux complexes : des centres d’accueil pour étrangers ont besoin d’étudiants polyglottes ; une association voudrait rendre plus compréhensibles les notices des médicaments; un quartier défavorisé voudrait organiser un événement sportif, etc. « Le Service Learning est à la jonction de trois mondes : d’une part, l’enseignement universitaire en classe (monde académique); d’autre part, l’engagement social (monde civique); enfin, l’expérience pratique (monde professionnel), continue le Pr Gautier Pirotte. Ainsi, il n’est pas lié à un seul cours ou à une seule discipline : les étudiants peuvent être confrontés à d’autres points de vue, ce qui fait la richesse aussi de ce type de formation. » À l’entame de cette année académique 20242025, l’ULiège propose huit cours labellisés “Service Learning” dans cinq Facultés (Sciences appliquées, Médecine, HEC, Sciences sociales, Psychologie, Logopédie et Sciences de l’éducation). 150 étudiants de bac et de master sont potentiellement concernés. « Une demi-douzaine de cours supplémentaires (en Agronomie, en Droit également) devraient être labellisés bientôt », pense Gautier Pirotte. Ces cours ne sont pas obligatoires. Ce sont des cours à option dans le cursus, mais qui seront dûment indiqués sur le diplôme. Une manière pour les étudiant·es de se former autrement, de confronter savoir et réalité sociale, de valoriser un engagement. À côté des cours en amphithéâtres et des cours en ligne, il existe maintenant une troisième voie. * www.enseignement.uliege.be/service-learning Service Learning De la connaissance à la pratique. Et vice versa septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 27 omni sciences
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