LQJ-289

Reconversion de la centrale thermoélectrique Siège d’une ancienne abbaye, le site du Val Benoît affiche une unité stylistique essentiellement marquée par le modernisme architectural des années 1930. « À l’époque, les architectes délaissent l’ornementation “inutile” pour faire coïncider au mieux formes et fonctions, en réalisant des immeubles qui affichent une grande force plastique par un agencement soigné des volumes et des ouvertures », rappelle Pierre Frankignoulle*. Le Val Benoît fut tout entier dédié aux sciences de l’ingénieur jusqu’en 2005, date de leur transfert au Sart-Tilman. C’est à l’architecte Albert Duesberg que l’on doit l’ensemble qui abritait le laboratoire de thermodynamique et de la centrale thermoélectrique (les travaux furent exécutés en 1937 par le Pr Ferdinand Campus, ingénieur en chef du projet du Val Benoît). La composition architecturale est très simple puisque les formes du bâtiment ainsi que la distribution des locaux était imposée par l’agencement des machines. La production de chaleur pour tout le site avait alors été centralisée : le bâtiment comportait ainsi une salle de chauffe avec deux chaudières au charbon alimentées chacune par un silo d’une contenance de 100 tonnes. La tour adjacente, haute de 50 mètres, marque le paysage. Mais il ne s’agit pas d’une cheminée : elle abritait un manomètre au mercure mesurant 36 mètres de haut, ce qui permettait de réaliser des tests sous très haute pression. Elle comporte aujourd’hui les équipements techniques pour les fluides, le chauffage, l’eau, l’air conditionné, etc. Propriété de l’ULiège, le bâtiment a été cédé (après assainissement) à la SPI qui s’est chargée des travaux de rénovation et d’aménagement. C’est le bureau “BaumansDeffet Architecture et urbanisme” qui a assuré toute la reconversion de l’immeuble (6000 m2). À présent, la Cité des métiers occupe sa partie gauche et la SPI met à disposition de l’ULiège, à titre gratuit (hors charges, frais de gestion, travaux de grand entretien), la partie droite, soit 51 % des surfaces. * Pierre Frankignoulle, L’Université de Liège dans sa ville (18171989). Une étude d’histoire urbaine, thèse de doctorat polycopiée, Université libre de Bruxelles, 2004-2005. septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 55 alma mater Si le fonds de jeux vidéo prêté par l’Université Ritsumeikan de Kyoto trouvera place au rez-de-chaussée, le lieu sera principalement dévolu à l’innovation. En matière de simulation digitale, par exemple, déjà utilisée dans plusieurs cursus : en Psychologie (pour le traitement des phobies), en Médecine (les étudiants sont confrontés à des situations d’urgence), en Droit (simulation d’un procès d’assises), à HEC Liège aussi. « Toutes ces nouvelles initiatives, et bien d’autres seront mises au point au Digital Campus et déployées ensuite dans toute l’Université, et en dehors aussi peut-être », conclut Frédéric Schoenaers. Rassembler les compétences complémentaires, mutualiser les moyens, susciter les synergies et l’innovation, tels sont les objectifs de cette nouvelle structure, point fort de la stratégie numérique de l’Institution. * https://digital.uliege.be

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