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CSL Des objectifs de pointe Si, par une belle nuit étoilée, vous apercevez un satellite dans le ciel, il y a quelques chances qu’un ingénieur du CSL en connaisse les instruments sur le bout des doigts. Et pour cause : qu’il s’agisse des satellites d’observation Sentinel, des télescopes Hubble et Euclid, ou encore du fameux télescope James Webb, tous abritent des instruments testés, voire conçus au CSL. Un savoir-faire qui fait la fierté de son directeur, le Pr Serge Habraken : « Nous sommes réputés au niveau européen, et même mondial, pour les tests en environnements spatiaux de tous les instruments optiques embarqués dans les satellites, ainsi que pour leur calibration et parfois même leur conception. » Le Centre spatial a parcouru un chemin considérable depuis 1964, date du développement des instruments des premières fusées destinées à étudier les aurores boréales. « Le bâtiment qui abrite aujourd’hui nos installations a été construit en 1984, et le centre a connu un agrandissement majeur en 1994 avec le développement du télescope à rayons X XMM-Newton, un projet d’une immense envergure », retrace son directeur. Grâce à ce type de projets, le Centre a développé une réelle expertise, qui fait de lui un partenaire incontournable pour nombre d’acteurs de la conquête spatiale. Sa mission : s’assurer que les instruments envoyés dans l’espace fonctionnent parfaitement. « La plupart des satellites d’observation emmènent des instruments optiques extrêmement sensibles, souligne Serge Habraken. Or, l’espace, en raison du vide et des températures proches du zéro absolu, est un environnement extrême. Il est donc nécessaire de s’assurer qu’ils supporteront le voyage, et qu’une fois là-haut, les images qu’ils captureront restent fidèles à la réalité. » À cette fin, le CSL dispose d’immenses cuves de plusieurs mètres de diamètre, spécialement conçues pour accueillir ces instruments. Elles permettent de simuler le vide et les températures qu’ils rencontreront en orbite ou dans l’espace profond, ainsi que de tester leur fonctionnement dans ces conditions drastiques : « Cela se fait grâce à diverses sources lumineuses qui simulent le rayonnement que le satellite est censé capter, que ce soit de la lumière visible, de l’infrarouge ou encore des rayons UV et X. Et de plus en plus, ces sources de lumière sont conçues directement ici, au CSL. » Cette étape, dénommée la calibration, est cruciale pour la suite de la mission. « Il n’est pas seulement question d’observer une planète ou une étoile. Encore faut-il que les observations soient fiables. En recréant ici les conditions d’observation et de flux de rayonnement, nous nous assurons que l’image envoyée sur Terre soit exploitable », explique le professeur. BON POUR LE SERVICE Une fois ces examens réussis, les instruments sont installés sur des pads de vibrations, qui testent la résistance des instruments aux conditions de décollage d’une fusée. « Ces vibrations sont d’une extrême violence, difficile à supporter », note-t-il. Et après de nouvelles vérifications de leur bon fonctionnement, ces instruments sont enfin prêts à être installés dans un satellite. En raison du nombre de satellites aujourd’hui déployés, le CSL « fonctionne comme une entreprise, avec un personnel présent 24h sur 24 ». Ainsi, depuis plusieurs mois, les salles blanches hébergent des instruments qui seront embarqués dans les futurs satellites étudiant la météorologie pour EUMETSAT. L’un d’entre eux est conçu pour la surveillance en temps réel de la température de surface des océans et de la végétation sur Terre, en lien Cette année, le Centre spatial de Liège (CSL) fête ses 60 ans d’existence. Le bel âge pour ce fleuron de l’université de Liège à la réputation internationale, sans qui la conquête spatiale ne serait sans doute pas ce qu’elle est aujourd’hui. Regards sur l’agenda ambitieux du CSL pour les prochaines années. ARTICLE THIBAULT GRANDJEAN septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 70 omni sciences

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