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direct avec l’étude des changements climatiques. « Ces satellites sont devenus un pan important de notre activité, notamment pour la calibration », note Serge Habraken. Dans un autre laboratoire, plusieurs scientifiques regardent quant à eux en direction d’autres étoiles. « Nous testons actuellement le télescope PLATO, prévu pour 2026 et dont l’objectif est de découvrir toujours plus d’exoplanètes », poursuit-il. Contrairement aux télescopes habituels, PLATO est composé de 26 caméras à très haute résolution qui observeront une zone du ciel considérable, et ce avec une précision inégalée. « Chaque caméra est assemblée chez nous et subit ensuite un test complet, ce qui représente plus de deux ans de travail », estime le directeur du CSL. LES PIEDS SUR TERRE Aussi passionnantes que soient ces missions, Serge Habraken ne s’en cache pas : « Le Graal est ailleurs. » Ce qui fait réellement rêver les scientifiques du CSL, c’est la conception même d’instruments de mesure, au rythme d’un ou deux par décennie. « Les images du Soleil que l’on a pu voir à l’occasion des dernières éruptions solaires, responsables d’aurores boréales jusqu’en Belgique, ont été obtenues grâce à un instrument que nous avons conçu et qui se trouve à bord de Solar Orbiter, explique-t-il fièrement. Ce satellite est en route vers le Soleil et nous donne déjà des images absolument remarquables. Et au cours des années précédentes, toutes les images du Soleil provenaient de Proba-2, un satellite presque 100 % belge. » Les 60 ans du CSL seront d’ailleurs l’occasion de fêter le lancement en octobre de sa petite sœur, la sonde Proba- 3, qui est aussi une première technologique mondiale. « Destinée à observer le Soleil, et en particulier sa couronne, Proba-3 est en réalité composée de deux parties. Dans l’espace, elles seront situées à 150 m l’une de l’autre. La première servira à éclipser le disque solaire, pour ne laisser apparaître que la couronne, qui sera ainsi étudiée par la deuxième », résume le directeur. Et dans un futur proche, le CSL aura, en plus de ses missions habituelles, les deux pieds bien sur terre. En effet, « grâce aux investissements considérables des gouvernements wallon et fédéral », le Centre va s’agrandir pour accueillir une nouvelle cuve, la plus grande d’Europe. « Cette cuve de 7 m de diamètre sera destinée à accueillir des instruments de nouvelle génération toujours plus volumineux et nous permettra d’asseoir notre leadership pour les deux prochaines décennies ! », se réjouit le scientifique. Enfin, grâce à une collaboration renforcée avec les ingénieurs de l’ULiège, le CSL se positionne pour tester les technologies du futur télescope Einstein. À la différence des télescopes classiques, le télescope Einstein sera enterré à 250 m de profondeur, à l’abri des perturbations du monde. Conçu pour détecter des ondes gravitationnelles, ces légères déformations de l’espacetemps créées par les cataclysmes cosmiques, il sera composé de trois miroirs disposés en triangle et espacés de dix kilomètres. Or, le CSL met actuellement au point « une technique révolutionnaire pour le refroidissement des miroirs ». En effet, détecter les moindres soubresauts de l’Univers nécessite que ces derniers soient exempts de toute vibration. La température n’étant rien d’autre que la mesure de l’énergie résultant de la vibration des molécules, les miroirs doivent donc être refroidis au plus proche du zéro absolu. « Une fois validée, notre technique nous permettra de rester très longtemps compétitifs, même après la conception du télescope Einstein, lorsque d’autres pays construiront à leur tour ce genre de télescope », espère Serge Habraken. De quoi assurer un avenir radieux au Centre spatial de Liège. CSL Intégration de la charge utile Euclid dans la cuve Focal-5 du CSL septembre-décembre 2024 i 289 i www.uliege.be/LQJ 71 omni sciences

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