LQJ-290

janvier-avril 2025 i 290 i www.uliege.be/LQJ 77 futur antérieur répond à une troisième mission : la vulgarisation des connaissances, le “service à la société”. Ces colonnes permettent de contribuer à ce partage public. Pour les chercheurs et chercheuses interviewés (il a été rarissime que j’essuie un refus), il s’agit d’un véritable exercice : s’exprimer avec clarté afin d’être compris par le grand public, non scientifique. Le tout dans une relation de confiance et de relecture. La recherche, par essence, s’inscrit dans la longueur. Il est crucial d’offrir aux scientifiques l’occasion de s’exprimer en prenant le temps et de s’y exercer en toute bienveillance. M.L. : Quelle place un magazine comme celui-ci arrive-il à faire aux femmes ? Pa.J. : Très vite, j’ai été attentive – et épaulée dans cette voie par Catherine Eeckhout, ma secrétaire de rédaction – à laisser s’exprimer les (jeunes) femmes, à leur donner, leur rendre la place qu’elles méritent. Or, et même si les chiffres évoluent, il y a moins de femmes qui accèdent aux postes de recherche et d’enseignement. Mais elles sont là, et dès que c’est possible, je les invite dans les pages du quadrimestriel. Après toutes ces années, je constate encore ceci : elles sont moins nombreuses à se mettre naturellement en avant et il faut parfois insister. Elles ont encore trop souvent tendance à vouloir passer la main à un collègue masculin. Mais dans ce numéro, le dernier que je pilote, elles sont au rendez-vous ! M.L. : Quel regard portes-tu sur ces 25 années ? Pa.J. : C’est un métier passionnant, qui permet de continuer d’apprendre sans cesse. Je me suis plongée dans la conception de chaque nouveau numéro avec enthousiasme et curiosité. C’est comme la mer : la même chose à chaque fois, mais à chaque fois différent... Ce magazine se construit autour de prises de contact, de rencontres, de découvertes. En allant vers les personnes, là où elles travaillent et évoluent. Tout en pensant aux lecteurs. Le magazine brasse une foule de sujets, de recherches. Sans oublier la force et la richesse que représente la communauté des alumni, ainsi que les membres du personnel administratif, technique et ouvrier, à qui je tente aussi de donner une place. M.L. : Quelque chose t’a rendue particulièrement fière au fil de ces années ? Pa.J. : En 2009, nous avons reçu le prix du meilleur magazine par l’Association belge de la communication interne (ABCI). Cette reconnaissance venue de l’extérieur a été vécue comme une fierté par l’équipe. L’indépendance du Quinzième jour et son ouverture ont aussi beaucoup de valeur à mes yeux. Ce magazine, que l’ULiège a pérennisé, permet par ailleurs de faire appel à des métiers importants et talentueux, parfois malmenés : journaliste, dessinateur et caricaturiste, photographe, relecteur, graphiste, imprimeur. J’aime l’objet en lui-même, en papier, avec une mise en page soignée. Les informations et photos y prennent un relief particulier. Ai-je dit que je suis aussi fière de mon équipe de journalistes, restée fidèle, et de ma collaboration longue et fructueuse avec Catherine Eeckhout, Henri Deleersnijder, Marc-Henri Bawin et Jean-Claude Massart ? Sans oublier tous mes collègues du service Communication, évidemment. M.L. : Et maintenant ? Pa.J. : D’abord passer le témoin. Je suis certaine, Marie, que le magazine que tu piloteras désormais, est entre de bonnes mains, se développera notamment en ligne et sur les réseaux sociaux. Pour ma part, je vais suivre une formation pour devenir écrivaine publique et me mettre au service de personnes ayant besoin d’aide pour comprendre et formuler des demandes administratives, juridiques ou autres. En tant qu’ancienne enseignante en histoire et journaliste, j’ai envie maintenant de me sentir utile pour une catégorie plus fragile de la population. Bref, l’écriture et la rencontre vont rester dans ma vie, d’une autre façon.

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