« S’il faut retenir un nombre qui caractérise l’impact du secteur de la construction sur l’environnement, ce serait 35%, affirme d’emblée le Pr Luc Courard, directeur du laboratoire des matériaux de construction (LMC) en faculté des Sciences appliquées de l’ULiège. Il est responsable d’environ 35% des émissions de CO2, 35% des déchets produits et 35% de l’utilisation des ressources naturelles. » Et le béton y contribue pour beaucoup. Celuici est en effet composé de quatre éléments principaux (en volume) : de l’eau, du sable (25%), des granulats (50%, en général de calcaire ou de grès) et du ciment. Le tout pour une production annuelle d’environ 10 milliards de tonnes. En matière d’émission de gaz à effet de serre, la présence du ciment fait mal : « À lui seul, le ciment est responsable d’environ 5 à 8% des émissions de gaz à effet de serre produites dans le monde chaque année. Il est en effet composé essentiellement de clinker, c’està-dire de carbonate de calcium (CaCO3) – la matière de base contient donc du CO2 ! – chauffé à très haute température (1450° C), ce qui nécessite évidemment une grande dépense d’énergie. Fabriquer du ciment, c’est activer deux sources importantes de CO2 .» L’impact du ciment est donc prépondérant dans le caractère plus ou moins durable, soutenable du béton. Les cimentiers en sont conscients qui ont déjà pris une série de mesures : utilisation d’énergie alternative, remplacement partiel du CONSTRUCTION DURABLE Laisse béton Émission de gaz à effet de serre, production de déchets encombrants, épuisement de ressources naturelles : le béton est souvent accusé des pires maux. Le Pr Luc Courard et son équipe du laboratoire des matériaux de construction trouvent des solutions pour y remédier. ARTICLE HENRI DUPUIS J. Louis SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 26 OMNI SCIENCES
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