LQJ 292

SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 30 ICI ET AILLEURS Nous avons rendez-vous dans la cour de la place du 20-Août avec trois membres de l’ASBL Lacyme, un laboratoire collaboratif et citoyen d’écologie. Ni pelouse ni vieux chênes centenaires… Entre les murs, le bitume et les voitures, des écosystèmes vivants s’y déploient pourtant en toute discrétion. « Il y a un pan de mur qui est complètement exposé au soleil et un autre qui est à l’ombre, souligne Alice Mouton*, biologiste spécialiste de l’adaptation des espèces en milieu urbain, à la faculté des Sciences. La couverture végétale n’est pas du tout la même. » Côté ombre, du lierre se faufile, des mousses et des fougères que le vent a semées dans les interstices se déploient : il s’agit de la doradille des murailles, dont Florian Zanatta, spécialiste de l’impact des changements climatiques sur la flore européenne à la faculté des Sciences, observe les spores microscopiques à la loupe de son smartphone. Au pied des murs, les herbacées ont aussi une histoire à raconter. « En ville, le pissenlit fabrique des graines plus lourdes afin d’assurer sa reproduction AU PIED DES AMPHIS La nature s’invite en ville Quand on pense “campus vert”, le Sart Tilman s’impose. Mais en y regardant de plus près, des petits trésors de biodiversité se cachent aussi sur les campus du centre-ville. Exploration. ARTICLE AURÉLIE BASTIN PHOTOS VIRGINIE HAVELANGE près de la plante mère, pour éviter d’atterrir sur le béton », explique Alice Mouton. L’exploration se poursuit à l’aide de jumelles à hauteur des toitures : mousses et lichens forment une véritable couverture végétale. « On peut notamment y trouver une mousse en forme de petits coussins – les Grimia pulvinata ou “mousse-hérisson”. Quand elle est sèche, elle entre en dormance et devient toute grise avec des poils blancs sur le dessus », précise Florian Zanatta. Une couche bien vivante, photosynthétique, qui a aussi l’avantage d’isoler les bâtiments. UN POUMON VERT EN OUTREMEUSE Nous traversons la Meuse pour rejoindre le site de Pitteurs. Au-delà des façades des salles de cours : un vieil érable couvert de mousses, une haie de charmes, le chant d’un pinson, le passage d’une mésange, le bourdonnement des insectes… Entre coins sauvages, plans d’eaux et espaces aménagés regorgeant de fleurs et d’arbres fruitiers, le vivant s’immisce, s’adapte et prend

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