« Nos travaux visent à comprendre pourquoi et comment certaines espèces déclinent, et surtout comment on peut inverser cette tendance et donc préserver la biodiversité dans toute sa complexité », résume Mathieu Denoël. Avec des aquariums de 100 à 1000 litres, l’équipe du Pr Denoël compte mener des projets innovants à grande échelle, en complément des études de terrain, qui restent le pilier de la recherche du Leca. L’objectif est double : d’une part, réimplanter certaines espèces disparues localement en Wallonie, en élevant têtards – notamment de rainettes – dans des conditions contrôlées ; d’autre part, tester en laboratoire les conditions optimales de repeuplement et de survie, en simulant des menaces telles que la présence de prédateurs, par exemple via la présence d’odeurs, et les variations de température. Le premier volet, avec le soutien logistique de l’Aquarium de l’université de Liège et en coordination avec le monde associatif, tant en Wallonie qu’en Flandre, a déjà permis la libération de nombreuses rainettes dans la région. Au sein de la plateforme, Mathieu Denoël travaille également avec les Prs Michaël Ovidio et Alain Vanderplasschen en vue de réaliser des analyses automatisées des mouvements des organismes, un indicateur comportemental clé de leur bonne santé. Par ailleurs, l’intégration d’une approche en génomique et en isotopie complète les autres volets du laboratoire pour cerner la biodiversité des espèces d’eau douce de l’échelle moléculaire à celles des communautés. Des collaborations sont ainsi notamment menées avec le laboratoire Letis et la Station scientifique des Hautes Fagnes de l’ULiège. « Nous souhaitons étudier des scénarios précis de conservation et améliorer les protocoles de réintroduction et de gestion dont certains pourraient être menés en lien avec la Station scientifique des Hautes Fagnes », souligne Mathieu Denoël, qui met également en avant ses collaborations internationales sur des écosystèmes d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie. Des projets qui l’amènent à nouer des partenariats avec plus d’une vingtaine d’institutions, dont le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, l’université Claude Bernard à Lyon, ou encore des institutions japonaises (Hokaido) et surtout balkaniques, vers où se dirigent dorénavant la plupart des projets actuels. VACCIN CONTRE UN VIRUS DE L’ANGUILLE L’ULiège vient de signer un nouvel accord de licence avec la société chinoise Ningbo SanSheng Biological Technology, acteur majeur de la santé animale en Chine, pour le développement et la commercialisation d’un vaccin contre un herpèsvirus de l’anguille, une maladie virale responsable de lourdes pertes dans les élevages d’anguilles. Ce vaccin a été mis au point par les chercheurs du laboratoire de virologie et de vaccinologie de la faculté de Médecine vétérinaire, dirigé par le Pr Alain Vanderplasschen, affilié au WEL Research Institute. Il s’agit d’une vaccination de masse, simple et efficace, adaptée aux contraintes de l’aquaculture et qui stimule le système immunitaire des anguilles tout en garantissant leur protection durable contre la maladie. * www.news.uliege.be/virus-anguille A. Vanderplasschen SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 37 UNIVERS CITÉ
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