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AU BORD DU GOUFFRE La National Aeronautics and Space Administration (NASA) traverse actuellement la plus grave crise de son histoire. Le projet de budget 2026 de l’administration Trump prévoit une réduction de 24 % des fonds fédéraux alloués à l’agence spatiale américaine. “Ce sont principalement les programmes de recherche scientifique qui en pâtissent, avec une coupe drastique de 47 % dans leur budget – un secteur à l’origine de projets emblématiques comme les sondes Voyager et Viking, ou encore les télescopes Hubble et James-Webb”, rapporte The New York Times. Ces restrictions budgétaires compromettent de nombreuses missions en cours. Dans le cadre de Mars 2020, un rover a collecté des échantillons de sol martien, actuellement stockés à la surface de la planète rouge. Leur retour sur Terre devait être assuré par la mission Mars Sample Return, fruit d’une collaboration entre la NASA et l’ESA. Alors que cette mission était en phase de finalisation, elle a été suspendue. Des incertitudes planent également sur plusieurs grandes missions en préparation. C’est notamment le cas d’Athena, un ambitieux observatoire en rayons X prévu pour en 2038, ainsi que de LISA, un télescope spatial en ondes gravitationnelles. Pilotés par l’Europe, ils bénéficient aussi de contributions japonaises et… américaines. Autre projet menacé : le Habitable World Observatory (HWO), successeur des télescopes Hubble et James-Webb, dont le départ est envisagé pour les années 2040. « Ces missions se planifient des décennies à l’avance. Elles impliquent des budgets colossaux mais répartis sur de très longues périodes. Dès qu’un partenaire se retire, c’est l’ensemble de l’édifice qui vacille », commente Yaël Nazé. Même les missions déjà en orbite ne sont pas à l’abri. Le financement nécessaire pour assurer le fonctionnement continu des télescopes spatiaux Hubble et James Webb est incertain quand d’autres seraient totalement arrêtés. Or, tous ces instruments ont transformé notre vision de l’Univers : détermination de son âge, observation précise de galaxies lointaines, découverte de la plus ancienne galaxie connue, ou encore analyse des processus de formation stellaire et planétaire. Partout dans le monde, la communauté scientifique spatiale est suspendue à l’évolution de la situation, entre inquiétude et incompréhension. ESA/Gaia/DPAC, CC BY-SA 3.O IGO Vue panoramique de la Voie lactée réalisée par Gaia à partir des mesures de près de 1,7 milliard d’étoiles SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 51 OMNI SCIENCES

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