LQJ 292

* Pour ce travail, Perrine Schumacher a reçu le prix universitaire suisse “LATSIS 2024”, qui récompense une contribution scientifique exceptionnelle. SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 54 UNIVERS CITÉ « Le P’ti Journal est un recueil d’articles publiés en langue étrangère – anglais, allemand, et espagnol principalement – traduits en français pour la plupart, mais il y a aussi quelques exceptions qui donnent au journal une petite note exotique », expliquent en chœur Valérie Maris et Mathilde Mergeai, les deux enseignantes qui coordonnent le projet. Parue en 2023 sous le parrainage du Courrier international, la première édition déclinait le thème du développement durable. Cette fois, c’est le “vivre et apprendre ensemble” qui constitue le fil rouge du sommaire placé sous les auspices d’Hugues Dorzée, longtemps rédacteur en chef d’Imagine. Deux beaux parrains pour un projet soutenu financièrement par l’ULiège (et la cellule développement durable) et l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares). « Une manne bienvenue pour s’acquitter des droits d’auteurs notamment », commente Valérie Maris. Illustrée par des étudiant·es de première année à l’École supérieure des arts de Saint-Luc (option BD), la revue constitue l’aboutissement d’un projet pédagogique fédérateur et très motivant pour les étudiant·es traducteurs-interprètes. Car il s’agit non seulement de repérer des articles sur le sujet, de les traduire dans un style journalistique, de faire réviser cette traduction, mais encore de les publier en respectant les délais. « C’est un vrai travail collectif, se réjouit Valérie Maris. Il concerne les jeunes de bac 2 et 3, masters 1 et 2. Le projet a suscité un engouement général : près de 150 étudiants et une vingtaine d’enseignants s’y sont investis. » Un comité éditorial, présidé par Pierre Robaux, doctorant dans la filière, a assuré la cohérence de l’ensemble. « Le P’ti Journal est devenu une “vitrine” pour notre section, assure Mathilde Mergeai. Nous l’utilisons dans les salons d’étudiants : il donne le ton de notre savoir-faire en matière de traduction et prouve le dynamisme de notre cursus qui a reçu récemment le label européen EMT, reconnaissant ainsi l’excellence de notre master. » L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : UNE AMIE ? Une formation, qui outre les cours de langues et de techniques propres au métier, comporte aussi l’utilisation critique des outils numériques de traduction. « Ils sont incontournables à l’heure actuelle, avoue Valérie Maris. Les connaître, en détecter les atouts et faiblesses, constitue un nouvel enjeu pour les futurs traducteurs. » C’est le sujet de recherche de Perrine Schumacher, première assistante dans la filière traduction. Menée en cotutelle avec l’université de Genève, sa thèse intitulée “La post-édition de traduction automatique en contexte d’apprentissage”, déposée en 2023, explore les défis exigés par cette nouvelle pratique tant pour la qualité de la traduction que pour l’enseignement de la discipline*. « Depuis 2016, la traduction automatique a opéré un véritable saut qualitatif grâce à l’essor des réseaux neuronaux, à la base des intelligences artificielles (IA), admet-elle. Si les systèmes fonctionnent toujours sur une base statistique, le nouveau paradigme, la traduction automatique neuronale (TAN) tient davantage compte du contexte grâce à la méthode du “plongement lexical”. Grâce aux milliards de données textuelles disponibles en ligne, cette méthode a permis aux logiciels – DeepL par exemple – de générer une qualité de plus en plus exploitable. Et les résultats sont bluffants. » TRADUCTION-INTERPRÉTATION Une revue polyglotte C’est une pépite : le P’ti Journal n°2 est sorti en juin dernier. Publié en 700 exemplaires, il fait la fierté des étudiant·es et des enseignant·es de la filière traduction-interprétation, dans le département des langues modernes. ARTICLE PATRICIA JANSSENS

RkJQdWJsaXNoZXIy MTk1ODY=