Grand habitué du Festival d’Avignon, Thomas Ostermeier a présenté cet été une adaptation du Canard sauvage d’Ibsen. Figure majeure des arts scéniques contemporains, il est notamment connu pour son travail sur le rythme au théâtre, pour son ambition de créer un espace de jeu “plus vivant que la vie”, en resserrant le temps scénique pour refléter le rythme accéléré de la société contemporaine. Ses mises en scène – on pense à Hamlet et Woyzeck –, sont audacieuses et témoignent de sa capacité à revisiter les grands textes classiques à la lumière des enjeux sociopolitiques actuels. À travers ses créations, il offre au public une réflexion profonde sur notre société, interrogeant ses tensions et ses mutations avec intensité. Directeur artistique de la Baracke, une annexe du Deutsches Theater de Berlin, de 1996 à 1999, il présente des œuvres de Nicky Silver, David Harrower, Alexeï Chipenko et Enda Walsh, explorant des thèmes liés aux conflits générationnels et aux alternatives sociales face au capitalisme. Depuis 1999, il est le directeur artistique de la Schaubühne à Berlin (aux côtés de la chorégraphe Sasha Waltz) et son aura dépasse les frontières. Il est nommé Artiste associé pour le Festival d’Avignon en 2004, et Officier des Arts et des Lettres en 2009 par le ministre de la Culture français, Frédéric Mitterrand. Parmi ses publications, on compte Le Théâtre et la Peur et Au cœur de la violence (en collaboration avec l’écrivain Édouard Louis). Ses contributions au théâtre ont été récompensées par plusieurs distinctions, dont le prix “Europe Réalités Théâtrales” en 2000. * dossier sur le théâtre contemporain en pages 10 à 15 * conférence durant l’année 2025-2026, date à préciser informations et inscriptions sur www.uliege.be/gcu Yasmine Belkaid est une passionnée. Cela fait 30 ans qu’elle ambitionne de comprendre les interactions entre les microbes et le système immunitaire humain. Formée à la biochimie à l’université de la technologie Houari-Moumédiène d’Alger, la fille d’Aboubakr Belkaid se lance dans la recherche et, en 1996, soutient à l’Institut Pasteur de Paris une thèse de doctorat portant sur les réponses immunitaires face au parasite Leishmania. Elle effectue ensuite un post-doctorat au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) dans le Maryland, aux États-Unis. En 2002, elle rejoint la division d’immunologie moléculaire du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center, avant de retourner au NIAID en tant que responsable de l’unité d’immunologie des muqueuses. Ses recherches se concentrent sur les mécanismes des interactions hôte-microbe, notamment dans le tractus gastro-intestinal et sur la peau, et sur la manière dont le système immunitaire distingue les microbes bénéfiques des pathogènes. Ses travaux ont, entre autres, mis en évidence le rôle des bactéries cutanées bénéfiques dans la défense immunitaire et la cicatrisation des plaies. De plus, elle a étudié l’impact des déséquilibres du microbiote sur des maladies inflammatoires chroniques telles que la maladie de Crohn et le psoriasis. Titulaire de la médaille d’or de l’Union internationale de biochimie et de biologie moléculaire en 2013, Yasmine Belkaid a reçu le prix Sanofi-Institut Pasteur en 2016 et le prix Robert Koch en 2021. Elle est également membre de plusieurs académies prestigieuses, telles que l’Académie nationale des sciences et l’Académie nationale de médecine aux États-Unis. En 2024, la chercheuse décide de revenir vivre en France pour prendre la direction du prestigieux centre de recherche biomédicale Institut Pasteur. Un choix motivé aussi par son engagement à préserver les valeurs fondamentales de la science et à promouvoir la diversité au sein de la société, contre “le repli sur soi, la haine de l’autre et l’indifférence au sort des plus faibles”. * conférence le 17 novembre 2025 informations et inscriptions sur www.uliege.be/gcu YASMINE BELKAID THOMAS OSTERMEIER SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2025 I 292 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 57 LES INVITÉS
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