Solidarité LA RÉDACTION Depuis près de deux ans, l’université de Liège, par la voix de ses autorités et de chercheuses et chercheurs, tente d’accueillir des confrères et consœurs de Gaza. Une voie rapide administrative, pour permettre aux scientifiques en danger de quitter leur pays d’origine : voilà ce que l’ULiège, comme d’autres universités, demande au gouvernement. Si une chercheuse gazaouie, Heba Abu Shammala-Abuabdou – qui avait pu s’installer au Caire avec sa famille avant la fermeture des frontières de la Bande de Gaza – a rejoint l’ULiège et a entamé, fin 2025, sa thèse en didactique des mathématiques, la situation de Basem Ahmed* reste désespérément au point mort, malgré tous les efforts déployés par l’Institution. Ce professeur de l’université palestinienne al Aqsa, père de cinq enfants et vivant dans des conditions dégradées, doit rejoindre l’ULiège pour un programme de recherche en traitement automatique des langues. Sélectionné parmi plus de cinquante candidats, il est toujours bloqué à Gaza, dont on ne peut sortir que sur demande expresse du gouvernement d’un pays d’accueil. La Belgique a décidé de solliciter uniquement l’évacuation de personnes (et de leur famille proche) ayant la nationalité ou le statut de réfugié belge. Aux dernières nouvelles, le ministère des Affaires étrangères n’a pas modifié sa politique, ne laissant pour le moment aucun espoir à la libre circulation des scientifiques sans lien familial avec la Belgique, même quand ils ont reçu visa et permis de travail. La situation, à la fois absurde et dramatique, prend les allures d’une spirale infernale. Outre la dimension d’aide humanitaire, mission sociétale essentielle, l’accueil de confrères et consœurs du monde entier au sein des universités est source d’émulation scientifique, d’échange d’expertises, réseaux et savoir-faire. À Gaza, le système universitaire était historiquement de haut niveau, héritage de collaborations internationales intenses. Aujourd’hui, la destruction délibérée des institutions d’éducation et de recherche et la disparition violente de trop nombreux chercheurs et professeurs – l’éducide reconnu par Amnesty International en mai 2024 – a transformé l’enclave en désert stérile. L’accueil des acteurs et actrices du monde universitaire au sein de nos institutions est primordial si nous souhaitons partager la recherche et soutenir l’avancée du savoir, remparts contre les obscurantismes, ici et là, et contribuer à la reconstruction, à terme, de la société gazaouie. ULiège, université hospitalière. Que 2026 réalise ce vœu. * lire en détails sur www.news.uliege.be/accueil-chercheurs-Gaza JANVIER-AVRIL 2026 I 293 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 3 L’ÉDITO
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