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JANVIER-AVRIL 2026 I 293 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 32 OMNI SCIENCES PHYSIQUE Les GRASPions débarquent À le voir ainsi émerveillé dans son laboratoire, entouré de ses microrobots et de ses jeunes collaboratrices et collaborateurs aussi passionnés que lui, on dirait que Nicolas Vandewalle n’en revient toujours pas : sa charge d’enseignement considérablement réduite [lire encadré], il va pouvoir se consacrer presque entièrement à ses recherches. « La physique d’aujourd’hui, explique-t-il, repose encore largement sur les lois de Newton, même si certains comme Einstein avec la relativité, ou Schrödinger avec la mécanique quantique, ont porté ce que j’appelle des coups de massue à cette physique et en ont révélé les limites. Mais elle fonctionne à merveille lorsque les objets étudiés sont simples, inertes et obéissent à la troisième loi newtonienne. » Laquelle, appelée principe de l’action-réaction, stipule qu’un corps qui exerce une force sur un autre subit une force égale et opposée. La Terre nous attire… mais nous attirons aussi la Terre (même si on ne s’en rend pas compte !). « En 1995, poursuit Nicolas Vandewalle, un physicien hongrois, Thomas Vicsek, se pose la question suivante : qu’en sera-t-il de la physique si elle s’intéresse à des objets qui se meuvent par eux-mêmes, qui interagissent autrement que selon le principe d’action-réaction ? » On se doute qu’on vise ici avant tout le domaine du vivant. Des bandes de petits poissons qui bougent dans un flux, des nuées d’étourneaux qui dessinent des figures dans le ciel et, surtout, des cellules au sein de tissus organiques sont quelques exemples de ces particules qui se meuvent par elles-mêmes. « Si elles exercent des forces, ce sont des forces non-réciproques, donc elles n’obéissent pas à la Professeur de recherche Francqui pour les trois années à venir, Nicolas Vandewalle va consacrer son temps à la “matière active”. La physique investit de plus en plus le champ du vivant. ARTICLE HENRI DUPUIS N. Vandewalle - GRASP Les GRASPions sont placés dans des membranes annulaires flexibles formant des vésicules ou cellules synthétiques. L’assemblage de ces cellules forme un tissu synthétique capable de changer de forme sous contrainte. C’est le prototype d’une matière capable de s’adapter ou même de se réparer.

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