Liège. Années 1950

Une publication aux Éditions de la Province de Liège

Dans Omni Sciences

Place Cockerill, nouvelle aile de l’Université - Le nouveau bâtiment a été dessiné par l’architecte Raymond Thibaut et le chantier a démarré en 1955. La façade témoigne d’une forme de modernisme teinté de références classiques, en adéquation avec le prestige du site et le style de la façade principale de l’Université, place du 20-Août voisine. Elle est entièrement couverte d’un parement “noble” en pierre calcaire grise. Sur le cliché les trumeaux verticaux entre les baies du premier étage, encore nus, seront bientôt ornés de reliefs de l’artiste Louis Dupont évoquant les matières enseignées dans le bâtiment.

Au début des années 1950, alors que Liège se relève de la guerre, le département de l'urbanisme de la Ville commence une campagne de photographies du paysage urbain en pleine transformation. C’est une époque décisive pour le visage de la Cité ardente car la nécessaire reconstruction de maisons, d’immeubles, de rues, de ponts et autres équipements, s’accompagne d’une volonté de moderniser l’ensemble.

Laurent Brück, dans un ouvrage paru à la fin de l’an dernier, rend compte de ces mutations en puisant dans les ressources de plusieurs fonds d’archives photographiques. Trois bureaux d’architecture s’illustrent à l’époque et leurs réalisations marquent encore la silhouette de la cité : le Groupe EGAU (Charles Carlier, Hyacinthe Lhoest et Jules Mozin), le Groupe L’Équerre (Émile Parent, Albert Tibaux, Edgard Klutz, Paul Fitschy et Ivon Falize) et le bureau de Georges Dedoyard.

« Le Groupe EGAU est l’auteur de la gare des Guillemins inaugurée en 1958. Il imaginera des logements publics dans une perspective résolument fonctionnaliste. Il sera, par exemple, le concepteur du projet de Droixhe inspiré de la cité radieuse du Corbusier : des appartements lumineux, comportant chacun une salle de bains (détail très novateur à l’époque), entourés de parcs, s’enthousiasme Laurent Brück. Le Groupe L’Équerre érigera le Palais des congrès en bord de Meuse ; c’est lui qui proposera d’implanter l’Université au Sart-Tilman. Quant à Georges Dedoyard (auteur des bains de la Sauvenière), il conçoit l’ancien grand magasin “Le Bon Marché” de la place de la République française et dessine le pont Albert Ier avec une seule arche. »

De la place Saint-Lambert au quartier Hors-Château, d’Outremeuse à Jupille, de Chênée à Sclessin, sans oublier le quartier des Vennes, l’ouvrage nous invite à parcourir l’histoire récente de Liège en noir et blanc.

Laurent Brück, Liège années 1950. Le paysage urbain et son évolution en 300 photographies d’époque, Les Éditions de la Province de Liège, Liège, décembre 2019.

Laurent Brück est licencié en géographie (1997) de l’université de Liège et détenteur d’une licence de 3e cycle en urbanisme et aménagement du territoire.

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