C’est la fête au Grand Curtius. L’Institut archéologique liégeois (IAL) célèbre en effet ses 175 ans. Et si plusieurs manifestations ont déjà rythmé cette année jubilaire, l’apothéose – l’exposition “Trésors cachés de l’Institut archéologique liégeois” – aura lieu dans le musée, du 25 septembre au 6 janvier prochains. 250 pièces seront alors sorties des réserves, une occasion unique de les admirer.
Actuel président de l’Institut, Pierre-Yves Kairis, docteur en histoire de l’art de l’ULiège (2005), plante le décor. « Le 4 avril 1850, 16 érudits locaux, dont le recteur de l’université de Liège Adolphe Borgnet, se sont réunis pour fonder la première société archéologique de la province de Liège : l’IAL est né. Des dons affluent et les collections sont alors entreposées dans l’ancien palais des Princes-Évêques. Mais lorsque la ville de Liège acquiert la maison Curtius pour y ouvrir le musée (en 1909), c’est naturellement que les objets de l’Institut y trouvent place. Aujourd’hui encore, près de 600 pièces, parmi les milliers qu’il possède, sont présentées dans le parcours permanent du musée. »
Vraisemblablement Lambert-Laurent Lamalle (cité à Liège entre 1680 et 1689) , Pichet en faïence de Delft avec son couvercle en argent, 1788-1793
Le pichet en faïence au décor au chinois est aujourd’hui attribué à Delft et date du dernier tiers du XVIIe siècle. Les armoiries Brandt (gerbe de blé) ont également été relevées au couvent Notre-Dame-des-Anges des chanoinesses de Saint-Augustin à Liège. Le poinçon onomastique LL, jusqu’à présent inédit, peut être attribué à Lambert-Laurent Lamalle, seul orfèvre référencé dont les initiales correspondent à celles du poinçon et dont les éléments biographiques sont compatibles avec la date de ce seul objet. C’est le seul exemple connu à Liège d’un couvercle destiné à recouvrir un pichet en faïence.
© Ville de Liège
L’exposition temporaire mettra en lumière des céramiques, des verres, des sculptures, des pièces d’orfèvrerie et des manuscrits (dont un réceptaire, recueil sur l’usage des plantes médicinales). « Il y aura également quelques tableaux de grands maîtres liégeois des XVIIe et XVIIIe siècles, détaille le président. François Walschartz, Jean-Guillaume Carlier, Léonard Defrance, Pierre-Michel de Lovinfosse, autant de signatures célèbres qui illustrent le passé liégeois. Et, parmi les 33 terres cuites de Jean Del Cour que nous montrerons, lesquelles constituent les esquisses de futures statues, il a y une allégorie de la Compagnie de Jésus qui se révèle un jalon exceptionnel dans la production du maître. » Un catalogue complétera le dispositif muséal de l’exposition.
Adrien de Witte (Liège, 1850-Liège, 1935) , Portrait d’Eugénie Zeyen, 1892, pastel sur toile
Connu pour ses talents de graveur, peintre et dessinateur, Adrien de Witte excella aussi dans l’art du pastel. On en recense aujourd’hui une dizaine, des portraits pour la plupart. Eugénie était la fille de son ami le photographe Léonard-Hubert Zeyen. Il est d’ailleurs vraisemblable que le tableau ait été exécuté d’après photographie, pratique plus répandue à l’époque qu’on ne pourrait le croire. Zeyen en avait fait sa spécialité.
© Ville de Liège
« L’Institut reste très actif sur le plan scientifique, se réjouit Pierre-Yves Kairis. Chaque année, il publie une revue de référence pour tout ce qui touche l’histoire, l’archéologie et l’art de l’ancien pays de Liège. Numéro spécial, le dernier “Bulletin de l’Institut archéologique liégeois” se présente sous la forme d’un recueil d’articles consacrés à l’histoire de l’IAL et à l’étude de quelques pièces de ses collections. »
Jean Del Cour (Hamoir, 1631-Liège, 1707), Allégorie de la Compagnie de Jésus, vers 1677, terre cuite
Ce bozzetto est le prélude fidèle à une statue allégorique en pierre blanche que Del Cour exécuta, sans doute vers 1677, pour l’autel Saint-Ignace de l’église des jésuites de Namur, aujourd’hui paroissiale Saint-Loup. Le personnage est représenté en marche, déchanché et écrasant une figure à tête échevelée illustrant l’Hérésie – elle se devine à peine dans l’esquisse. Il porte sur la poitrine un fermail avec le monogramme des jésuites (IHS).
© IRPA-KIK, Bruxelles
Exposition du 25 septembre 2025 au 6 janvier 2026 au Grand Curtius
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