Sus aux blessures de guerre

DONum, trésors de l’Université

Dans Omni Sciences
Photos Jean-louis Wertz

©️ Jean-Louis Wertz

Un livre, une histoire... Coup de projecteur sur une pépite conservée dans les collections précieuses de l’Université : l’un des traités du célèbre chirurgien Ambroise Paré.

A

mbroise Paré (1509-1590) est certainement le chirurgien français de la Renaissance le plus célèbre. Sa renommée fut telle qu’il entra au service du roi de France. Il devint chirurgien ordinaire d’Henri II en 1552 et pratiqua son autopsie après sa mort des suites d’une blessure reçue lors d’un tournoi en 1559. Il continua d’exercer sous ses successeurs François II, Charles IX et Henri III.

Dans un contexte marqué par les guerres de religion, Paré soigna de très nombreux blessés, catholiques comme protestants. Présent sur les champs de bataille, au service du roi et de sa cour, le médecin s’est rendu célèbre pour les techniques de soin liées aux blessures de guerre. Considéré comme le père de la chirurgie moderne, il fut l’auteur de nombreuses avancées : il démontra l’inefficacité de la cautérisation des blessures causées par les armes à feu, il développa des traitements moins douloureux et plus efficaces, il inventa une série d’instruments pour extraire plus facilement les balles, il préconisa la ligature des artères lors des amputations – une technique révolutionnaire pour remplacer la cautérisation au fer rouge.

Après de premiers ouvrages d’observations et d’innovations, il publia son fameux traité intitulé La maniere de traicter les playes faictes tant par hacquebutes, que par fleches & les accidentz d'icelles, come fractures & caries des os, gangrene & mortification : avec les pourtraictz des instrumentz necessaires pour leur curation. Et la methode de curer les combustions principalement faictes par la pouldre à canon. Un ouvrage richement illustré de gravures – projectiles, blessures, instruments de soin, attelles utilisées dans les cas d’amputations.

ULiège Library conserve, à la faveur du legs du baron Adrien Wittert, la deuxième édition de ce traité d’Ambroise Paré consacré aux blessures de guerre, imprimée à Paris en 1552. « Il ne s’agit pas d’un livre d’apparat mais d’un ouvrage pratique, en petit format, car Paré souhaitait mettre son art médical au service de ses confrères, note Marie Goukens, conservatrice aux Fonds patrimoniaux. Mais la version que nous avons est un exemplaire exceptionnel et luxueux, rehaussé de couleurs vives et de feuille d’or. Il n’a donc sans doute pas été utilisé par n’importe qui. »

Celui qui démontra également le caractère contagieux de maladies comme la peste, la petite vérole et la rougeole publiait en français – « autre preuve de son souci de vulgarisation scientifique », ajoute la conservatrice. Un choix innovant pour l’époque qui lui valut des critiques virulentes de la faculté de Médecine de Paris !

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