LQJ-280
C ’est aux États-Unis, en 1964, que le psychiatre Robert Stoller introduit la distinction entre sexe biologique et identité de genre socialement acquis. Dans son sillage, la sociologue Ann Oakley s’empare du “concept de genre” pour signifier le processus de classification et de hiérarchisation culturelle et sociale entre les femmes et les hommes, et entre ce qui est désigné symboliquement et matériellement comme fémi- nin et masculin. Ce concept s’est ensuite répandu dans nos régions, notamment au départ des instances euro- péennes. Il a fini par s’imposer au sein des études féministes pour désigner les injonctions et fonctionnements sociaux, cultu- rels – et notamment religieux – qui, bien que largement invisibilisés, imprègnent significativement les relations humaines, les modes de pensée et d’agir, les choix de profession et de vie sur base du sexe des personnes. À un niveau plus macro-social, ces injonctions organisent et justifient une distribution asymétrique et inéquitable des opportunités, des rôles, des statuts et des droits for- mels et informels, et cela au croisement avec d’autres rapports sociaux (de classe, d’âge, d’origine ou de Fondé le 8 mars 2001, lors de la Journée internationale des droits des femmes, le FER ULg, devenu FER ULiège, est un réseau de chercheur·e·s et d’enseignant·e·s spécialistes des “Études Femmes - Études de genre”. L’occasion, en ce 20 e anniversaire, de revenir sur un concept et une approche qui ont récemment pris place dans le débat scientifique et sociétal. DOSSIER PATRICIA JANSSENS dessin Fabien Denoël photos Jean-Louis Wertz septembre-décembre 2021 / 280 ULiège www.ul iege.be/LQJ 11 à la une
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