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R êver d’un campus européen s’étendant de l’Ir- lande à la Turquie et de la Finlande à l’Espagne est possible. C’est l’horizon que poursuit l’Uni- versité européenne des villes post-industrielles (UNIC). Cette alliance entre huit universités regroupera virtuelle- ment et physiquement près de 225 000 étudiants et 30 000 chercheurs, enseignants et administratifs. L’Erasmus University de Rotterdam (Pays-Bas) coordonne le projet qui réunit l’University College de Cork (Irlande), l’université d’Oulu (Finlande), l’université de Deusto (région de Bilbao en Espagne), la Ruhr University de Bochum (Allemagne), l’université de Zagreb (Croatie), l’université Koç d’Is- tanbul (Turquie) et l’université de Liège. Pour le premier vice-recteur Jean Winand, « faire partie du consortium, c’est figurer de belle manière sur la scène internationale ». C’est d’ailleurs en Cité ardente que se tiendra du 14 au 16 octobre le premier Festival CityLabs UNIC. Trois jours de conférences et d’événements festifs qui mêleront plus d’une centaine de chercheurs et d’étudiants des huit uni- versités aux côtés d’acteurs de la ville, de la societé civile et du monde de l’entreprise. Cette alliance, née d’un appel à projet de l’Union euro- péenne visant à promouvoir des synergies internationales, se déploie autour de grands axes : la diversité, la coopé- ration, l’inclusion et la mobilité interuniversitaire pour une meilleure transition des villes post-industrielles. « Il y a un enjeu commun pour ces universités à collaborer, tout en conviant les acteurs publics et de terrain de leurs villes respectives, soutient Jacques Teller, professeur d’ur- banisme à l’université de Liège. Valoriser les instituts de recherche de manière à accélérer la transition (environ- nementale, sociale, urbaine, etc.) est une première chose. Ces villes ont en outre toutes connu de grands phéno- mènes d’immigration. Il sera intéressant de rapprocher la question des cultures et de la diversité à la nécessité d’in- novation technologique, sociale et culturelle pour favoriser la redynamisation urbaine. » Des ambitions traduites sous la forme de CityLabs, labo- ratoires d’idées autour de thématiques spécifiques visant à renforcer les liens entre la ville et l’université, un campus interuniversitaire, et une académie de la superdiversité. De nombreux points sont encore à préciser. « Ce pro- jet institutionnel d’université européenne a été accepté par la Commission européenne. C’était une première étape, intervient Marco Martiniello, sociologue, directeur de recherche au FNRS et directeur du Centre d’étude de l’ethnicité et des migrations (Cedem) . Sa substance sera discutée chemin faisant. » UN CAMPUS EUROPÉEN Dès cette année, les étudiants des universités par- tenaires pourront, en marge de leur cursus, suivre, à distance, des cours dispensés ailleurs dans le consor- tium. Ponctuellement, des Summer schools autour de thématiques précises seront proposées (voir ci-dessous). Des coopérations ponctuelles voient déjà le jour. Marco Martiniello et Allesandro Mazzola, du Cedem, ont propo- sé une conférence de deux heures dans un cours sur les migrations et la diversité à l’université de Bochum. Une intervention qui portait sur la polarisation des opinions publiques et sur les mobilisations en faveur ou contre l’accueil des migrants. « En réalité, cette polarisation est assez stable, confie le directeur du Cedem . Nous avons également abordé un volet plus qualitatif en nous attardant sur des mécanismes de solidarité à l’égard de personnes sans papiers qui se retrouvent dans des situations par- ticulièrement précaires 1 . » Le Pr Jacques Teller est lui aussi impliqué dans l’élaboration d’un cours conjoint avec l’université de Bochum sur la modélisation urbaine pour les villes post-industrielles. À terme, UNIC proposera des masters interuniversi- taires et pluridisciplinaires, partant de cours existants et en proposant de nouveaux, pour traiter des défis socio- économiques, urbains, culturels, migratoires et inclusifs qui influenceront la reconversion des villes post-industrielles. Une même attention sera portée pour l’élaboration d’une école doctorale. ORIGINE DU PROJET Le rapprochement des huit partenaires d’UNIC s’est fait via l’ International Migration, Integration and Social Cohesion in Europe (IMISCOE), auquel ils sont tous associés. Ce fleu- ron de la recherche sur les migrations et l’intégration, créé en 2004, regroupe des instituts issus de 59 universités dif- férentes. À l’ULiège, c’est par le Cedem, fondé en 1995 par Marco Martiniello, que les études sur les migrations sont abordées de manière pluridisciplinaire. Depuis, l’exper- tise du centre fait référence à l’international. Jean-Michel Lafleur , directeur adjoint du Cedem, assumera d’ailleurs la présidence de l’IMISCOE dès avril 2022. « C’est une belle consécration, s’enthousiasme le chercheur. Ces collabo- rations en réseau sont précieuses. La thématique de la diversité est par essence transversale et internationale. 1 Li re au sujet de cet te étude ht tps: // theconversat ion.com/ contrairement-aux-idees-recues-laccueil-des-refugies-a-suscite-un- elan-citoyen-en-europe-122832 septembre-décembre 2021 / 280 ULiège www.ul iege.be/LQJ 25 omni sciences

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