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Nous allons d’ailleurs favoriser l’élargissement de l’accès au réseau au reste du monde, notamment en trouvant des solutions financières pour inclure des universités moins nanties. » D’une certaine manière, UNIC s’inscrit dans un prolonge- ment institutionnel de cet engagement dans la recherche sur l’immigration. Cette préoccupation ne concerne plus seulement certains centres d’études, mais est assumée par les universités. « Nous avons pour mission, au sein d’UNIC, de réfléchir sur nos pratiques d’enseignement, sur notre public, notamment pour contribuer à une meilleure transition des villes post-industrielles. Qu’on le veuille ou non, la diversité transforme les sociétés. Des défis nou- veaux surgissent, des opportunités aussi. Chercher des dispositifs pour répondre à cette diversité, c’est se donner une chance de créer du lien entre différents profils pour les mobiliser plus efficacement. Nos économies passent en effet d’un modèle nécessitant une main-d’œuvre nom- breuse et peu qualifiée à un modèle o la plupart des fonctions, même manuelles, requièrent des compétences et des formations spécifiques. Or nous avons, en Belgique francophone, la population non européenne la plus tou- chée par le chômage de toute l’Union européenne. Une partie de cette population est en demande d’une offre éducative adaptée et de solutions pour la reconnais- sance de ses diplômes étrangers. Rendre l’offre éducative accessible à des publics “hors cadre” est un enjeu gigan- tesque », résume Jean-Michel Lafleur. ACADÉMIE DE LA SUPERDIVERSITÉ La population universitaire est-elle diverse ? Comment infléchir les mécanismes qui favorisent ou freinent l’accueil et l’intégration de certains profils et ce indépendamment des capacités individuelles ? L’idéal serait que nos univer- sités reflètent la diversité de leur ville. L’académie de la superdiversité devrait y répondre. À l’ULiège, Elsa Mescoli, post-doctorante et maître de conférences au Cedem, par- ticipe à sa mise en œuvre. « Les catégories identitaires sont multiples et complexes : une femme noire et musul- mane subira différents mécanismes d’exclusion qu’il faut identifier et comprendre. Un premier état de la littérature scientifique est en cours actuellement et nous permettra d’embrasser la diversité à l’Université. Les notions d’inter- sectionnalité, de rythme aussi sont évaluées. Les sociétés actuelles changent très rapidement et nos outils devront s’adapter à des situations mouvantes, en termes de mobi- lité par exemple, ou d’évolution numérique. Ce dernier est bien un facteur d’accélération des pratiques et de la circulation des connaissances, mais il a également une incidence sur la mobilité. Il offre l’opportunité de partager la vie d’un campus sans devoir se déplacer. » Parallèlement, des panels de discussion entre les universi- tés partenaires visent à appréhender le point de départ de chacun. Quelles pratiques partager ? Existe-t-il des statuts particuliers pour certains profils d’étudiants ? Comment définit-on l’étudiant “traditionnel” ? Comment faciliter l’insertion des étudiants qui ne répondent pas à cette défi- nition ? Le fait d’avancer ensemble permettra à chacun d’apprendre des autres partenaires, mais aussi d’échanger ses bonnes pratiques et de définir une base commune solide. « Cette réflexion en interne, visant à s’adapter à la diversification de la société, poursuit Marco Martiniello , est une première étape. Il y a parallèlement une volonté d’ins- crire l’Université comme un acteur important au service de nouvelles dynamiques socio-économiques de sa ville et de sa région. » Le réseau de laboratoires d’idées, les CityLabs UNIC, a pour but de permettre aux acteurs des mondes acadé- mique, politique et de la société civile de chacune des villes et universités partenaires d’identifier des enjeux communs auxquels sont confrontés leurs territoires post-industriels et, se basant sur l’échange d’expériences, d’y apporter des solutions. La motivation sous-jacente est d’inclure très rapidement les citoyens dans une réflexion sur des enjeux locaux tels que la diversité et l’inclusion, la résilience urbaine et l’adap- tation aux enjeux climatiques, la sécurité, etc. « Plutôt que de réfléchir en vase clos et présenter des résultats en fin de parcours, intervient Jacques Teller, on vise la coconstruction avec les usagers. Ces développements collaboratifs permettent d’éviter les risques de rejet ou de désintérêt, mais, en plus, ils se nourrissent de la créativité et des ressources des citoyens. » Un réseau de Citylabs pour transcender les partenariats 26 septembre-décembre 2021 / 280 ULiège www.ul iege.be/LQJ omni sciences

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