LQJ-280
La superdiversité, héroïne de la transformation ? Le concept de “superdiversité” a été théori- sé par Steve Vertovec, anthropologue au Max Planck Institute de Göttingen. « Il rend compte de la complexification des flux migratoires et de leur impact sur les sociétés d’accueil, développe Marco Martiniello . Au cours des 30 dernières années, ces flux se sont modifiés et se sont éloignés des schémas tradition- nels. Historiquement, les Algériens migraient en France, les Indo-Pakistanais en Angleterre, etc. Les membres d’une même communauté y occupaient des positions socio-économiques et cul turel les relat ivement semblables. Aujourd’hui, les origines se sont diversifiées, et les statuts aussi. Certains, comme les “high tech migrants”, sont inclus “par le haut”. À l’autre bout de la chaîne, des migrants n’ont ni papiers ni statut juridique les protégeant. Au-delà des populations issues de l’immigra- tion, nous devons intégrer chaque personne qui a une existence collective particulière, comme les communautés LGBTQIA+. Cette multiplica- tion des profils et des trajectoires transforme la notion de diversité, d’o la nécessité d’un nou- veau terme. » Liège, ville d’immigration et d’émigration de longue date, témoigne de cette évolution. Dès l’immédiat après-guerre, la communauté ita- lienne a joué un rôle central dans la constitution de la classe ouvrière liégeoise. « Elle a conquis de nouvelles places depuis l’effondrement industriel, poursuit le sociologue , confirmant son ancrage dans la cité. Par ailleurs, d’autres populations étrangères sont arrivées, les Marocains et les Espagnols notamment, dont la dynamique ressemblait encore aux flux obser- vés pendant la période industrielle. Ensuite, d’autres immigrés sont arrivés pour des rai- sons différentes, en particulier de Bosnie ou de l’Afrique subsaharienne, pour fuir des conflits armés. Aujourd’hui, ces populations occupent des postes dans toute la hiérarchie socio- économique et culturel le de la vi l le. I ls contribuent à la redéfinir, à renouveler la “lié- gitude”. » collaborent déjà à la problématique du vieillissement, cha- cun depuis son propre champ disciplinaire. Habitat et environnement, participation citoyenne, rôle de la mémoire chez les citoyens ayant connu l’ère industrielle, enjeux macroéconomiques, Silver Economy , accompagnement dans la transition numérique, analyses épidémiologiques des facteurs de risques sanitaires, accompagnement à domicile, analyses démographiques, le consortium brasse large. « Chacun apporte une pièce d’un puzzle complexe, s’enthousiasme Catherine Elsen. Le vieillissement est un bon exemple d’enjeu systémique hyper évolutif. L’observer à partir d’une seule lorgnette, c’est passer à côté d’un champ énorme de ramifications, de facteurs interconnec- tés. » Les premiers CityLabs spécifiques au vieillissement ont été organisés à la fin du mois de juin. Au début de l’automne, chaque pays mettra en commun les enjeux identifiés via une plateforme numérique en épinglant les aspects transnationaux ou transrégionaux pour en dégager des solutions harmonisées. « Et pour boucler la boucle, conclut la chercheuse, nous organiserons en 2022 une Summer school sur le vieillissement. Les connaissances et com- pétences du consortium seront articulées au service d’un programme d’éducation court et intense à destination des doctorants. » De la recherche à l’enseignement, en passant par des considérations citoyennes, le projet a pu porter les enjeux universitaires à un niveau européen. Liège, leader sur la thématique du “bien vieillir dans les villes post-industrielles” Festival CityLabs Liège accueillera le premier festival CityLabs UNIC du 14 au 16 octobre. Trois jours d’échanges, d’ateliers et d’activités festives à destination du grand public autour de la transition des villes post- industrielles (festival gratuit). * programme complet du festival et inscription sur le site www.unic.uliege.be 28 septembre-décembre 2021 / 280 ULiège www.ul iege.be/LQJ omni sciences
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