LQJ-281

Le numérique : Sans surprise, les jeunes sont spontané- ment plus enthousiastes à mon égard. Du moins, si on en croit l’enquête réalisée en ligne. Gautier Pirotte : Manifestement, les étudiants et étu- diantes plébiscitent les cours sur le campus (soulignant le rôle majeur des contacts avec leurs condisciples, avec les professeurs), mais la demande est tout aussi claire de conserver les outils numériques car la flexibilité de la formule plaît beaucoup. En outre, l’enquête montre que le recours au numérique constitue une valeur ajoutée au cours, permettant un accès plus aisé à l’information et un apprentissage plus individualisé, augmentant aussi l’intérêt pour la matière présentée de manière diverse. Néanmoins, à long terme, la solitude face à l’écran effraie et la question de la fracture numérique surgit fré- quemment. Outre la relative pénurie de matériel (avoir un ordinateur à soi, disposer d’une connexion internet stable), un étudiant sur quatre avoue ne pas avoir un endroit calme pour travailler. L’Université doit en tenir compte. Le numérique : N’oublions pas de mentionner que toutes les personnes inscrites à la formation continuée (celles et ceux qui poursuivent des études en travaillant) soulignent le gain de temps que je leur procure en évitant les déplacements. Indéniablement, la crise sanitaire a eu des effets positifs sur ma notoriété : je suis maintenant “entré dans les mœurs” de l’Université, tant en recherche que dans l’enseignement. Dominique Verpoorten : Le cap suivant sera de réfléchir à la valeur ajoutée du numérique, c’est-à-dire de définir les atouts du présentiel et ceux du distantiel et, en fonction, d’envisager un nouveau scénario pédagogique dans lequel les deux modalités bien pensées se soutiennent mutuelle- ment, au service d’un apprentissage renforcé. Comment améliorer mon cours ? Faut-il encore convoquer 400 étu- diants le même jour à la même heure dans une même salle ? Le numérique : 86 % des professeurs pensent qu’une forme d’enseignement hybride s’imposera dans un futur proche, soit dans deux ou trois ans. Les étudiants le sou- haitent, surtout dans les matières scientifiques. S’il faut réserver les discussions et les interactions au présentiel, à moi les travaux en petits groupes (via Teams par exemple) respectant le rythme de chacun. Quelle est la valeur ajoutée du numérique ? janvier-avri l 2022 / 281 ULiège www.ul iege.be/LQJ 49 univers cité

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