s’apprête à ajouter plusieurs zones boisées dispersées sur le domaine qui ne seront jamais bâties, puisque l’ULiège a achevé son schéma d’aménagement. En 1997, l’agrément de réserve naturelle intégrale a été l’un de mes premiers dossiers, et il était alors valable pour 30 ans. Le prochain agrément, dont la demande va être introduite fin 2026, sera attribué à durée indéterminée », précise celui dont la carrière aura été entremêlée de bout en bout à cette gestion de réserve intégrale. Quelques sentiers plus loin, on croise d’autres chronoxyles, pointés par des pancartes explicatives, afin de sensibiliser les promeneurs. « Il y a en a plus de 150 sur l’ensemble du site », informe Luc Schmitz en passant à côté d’un hêtre géant (4,5 mètres de tour de tronc !), couché sur le flanc depuis de nombreuses années et devenu gîte pour oiseaux, insectes et mousses. Plus loin, les deux experts ont – littéralement – flairé la présence d’un renard. Près des racines d’un hêtre, on verra sa tanière, mais pas son museau. D’autres mammifères habitent les lieux : sangliers (qui peuvent être chassés afin d’en réguler la population), ratons laveurs – « ces omnivores, grands prédateurs d’oiseaux, ont été importés par l’homme et sont assez inquiétants pour la biodiversité », note Adrien Beenkens – ou encore mouflons, du côté ouest du domaine. En contrebas de la forêt se dégage une vue qui porte loin, jusqu’au plateau de Herve. Dans ce tableau, un très haut chêne rouge foudroyé, au tronc lézardé. « On l’a à l’œil, on va réduire sa couronne pour ne pas qu’il chute », explique Luc Schmitz. Cette attention individuelle portée à chaque arbre, cette surveillance personnalisée est la marque de fabrique du travail forestier mené au sein d’une réserve naturelle intégrale. Ici, les feuillus sont privilégiés. « Depuis la fin des années 90, on a dû progressivement éliminer les épicéas et conifères, car ces arbres résineux ne sont pas “en station” ici, c’est-à-dire pas dans leur habitat naturel. Ils en souffrent et ne permettent pas le développement de la biodiversité », ajoute-t-il. Luc Schmitz et Adrien Beenkens, gardiens de la forêt 50 MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE ICI ET AILLEURS
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