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Task force Hautes Fagnes LA RÉDACTION Cet été, les images des Hautes Fagnes en feu – triste réplique d’autres paysages brûlés en Europe – ont donné une réalité très concrète à ce que de nombreux scientifiques annoncent, documentent, prévoient, projettent depuis des décennies, sans que leur rôle d’alerte ne soit considéré à sa juste mesure. Conséquence des canicules et de la sécheresse intense : les flammes ont ravagé l’un des milieux naturels les plus remarquables de Belgique. Plus de 3000 hectares de précieuses tourbières patiemment formées au fil des siècles, immense réservoir de carbone, ainsi que tout un petit peuple animal, sont partis en fumée. Et ce malgré la lutte acharnée contre les flammes et les élans de solidarité. Il faudra du temps encore pour mesurer l’ampleur des dégâts. Cette catastrophe, survenue dans un écosystème profondément fragilisé, n’était pas imprévisible. Quelques mois après les inondations en Wallonie de juillet 2021, des experts alertaient déjà devant le Parlement wallon sur les risques à venir, évoquant explicitement des sécheresses, canicules et feux de forêt, notamment dans les Hautes Fagnes. Le constat formulé était clair : le dérèglement climatique allait amplifier ces phénomènes et leurs effets dévastateurs. Comment faire pour que les chercheurs, qui font face à une perte de confiance, soient suivis dans leurs recommandations sans être discrédités ? Pour que la société s’appuie sur les données objectives qui sont fournies ? Comment dépasser le déni pour, collectivement, se construire un monde (relativement) habitable ? Dans les jours qui ont suivi l’incendie, plusieurs chercheurs et chercheuses de l’ULiège ont décidé de joindre leurs connaissances, leurs travaux et leur émoi au sein d’une task force dédiée aux Hautes Fagnes, adossée au Laboratoire des transitions et à la station scientifique des Hautes Fagnes présente dans la région depuis plus de cent ans. Cette intention, née dans l’urgence mais portant loin son regard, entend se traduire en deux axes : un travail de monitoring et de cartographie relatif au territoire fagnard et un objectif d’élaboration de scénarios pour l’avenir. Un projet où universitaires et acteurs de terrain, scientifiques et citoyens, convergent dans une vue d’ensemble systémique. Avec l’objectif et l’espoir d’être enfin écoutés. SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 3 L’ÉDITO

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