Pôle muséal

L'éditorial du numéro 275 de janvier 2020


Dans Univers Cité

Depuis belle lurette, les Universités disposent de collections scientifiques et artistiques. Lointaines héritières des cabinets de curiosités de la Renaissance, il s’agit pour elles de “faire découvrir le monde” dans le temps et l’espace, mais il s’agit aussi pour elles d’expliquer les découvertes des chercheurs et de constituer des outils pédagogiques pour l’enseignement.

L’association University Museums and Collections recense 1613 musées de ce type dans le monde, dont 620 en Europe et plusieurs en Belgique. L’université de Liège ne fait pas exception : ses collections – peut-être les plus riches de Belgique – couvrent de nombreux domaines des arts et des sciences et recèlent des “Trésors” reconnus comme tels par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Parce qu’elles constituent le socle de nos connaissances, ces collections méritent d’être mieux valorisées encore. L’enjeu des sources premières comme fondement des savoirs étant majeur, le conseil d’administration – sous l’impulsion du premier vice-recteur Jean Winand – vient de décider la formation d’un “Pôle muséal et cultu- rel” afin de mettre en exergue les méthodes et les connaissances scientifiques.

En associant les entités muséales universitaires dans un projet fédérateur, l’Université souhaite apporter de la cohérence à l’ensemble grâce à un angle d’analyse commun, un fil rouge en quelque sorte : la construction de l’information scientifique, depuis les sources premières dont les collections universitaires sont en partie les dépositaires jusqu’à leur analyse et la formulation d’hypothèses. Dans un monde où le relativisme scientifique gagne du terrain, où les demi-vérités et les soi-disant vérités alternatives prolifèrent, il est plus que jamais nécessaire de rendre à la science et à ses méthodes la place qui leur revient.

Tirant avantage de l’existence d’une structure déjà bien établie – l’Institut de zoologie et son célèbre Aquarium –, le Pôle devrait reconsidérer l’utilisation du vaste ensemble que constitue l’espace Beneden-Pitteurs, jusqu’à la place Delcourt, en se concentrant sur la réaffectation de l’ancien Institut de physiologie, qui deviendrait ainsi le bâtiment emblématique du futur Musée de l’Université.

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