Dans le contexte de l’urbanisation croissante de la planète, la faculté d’Architecture s’interroge sur ses pratiques d’enseignement et de recherche. De multiples réflexions ont provoqué une réforme du cursus et, depuis 2020, trois ateliers sont proposés aux étudiants et étudiantes de master 2 : l’un concerne la réutilisation du patrimoine bâti, l’autre son habitabilité et le troisième sa régénération.
La Pr Fabienne Courtejoie, vice-doyenne à l’enseignement de la faculté d’Architecture, Bernard Deffet, chef de travaux (et cofondateur du Bureau Baumans-Deffet) et Morgan Delvaux (cofondatrice du bureau Laboratoire) coordonnent l’atelier “Habitat/Habiter” qui explore chaque année une zone spécifique du territoire liégeois. L’exercice entend repositionner l’architecture au sein d’un environnement en perpétuelle évolution. « Une vision à court terme ne suffit pas à assurer la cohérence des lieux habités (au sens large) dans les villes, observe la Pr Fabienne Courtejoie. Nous souhaitons que les étudiants travaillent sur base d’une compréhension approfondie de chaque échelle d’intervention, du plus grand territoire et paysage, jusqu’à l’échelle du lieu habité. » Et Bernard Deffet de renchérir : « Le projet architectural se nourrit de cette compréhension du contexte élargi. »
L’observation de terrain constitue la première étape du processus qui en compte quatre. « Les étudiants arpentent le quartier, rencontrent les différents usagers : habitants, commerçants, associations, travailleurs, etc. Ils prennent le pouls du lieu de manière collective, poursuit la Pr Fabienne Courtejoie. C’est un long moment d’immersion préalable à leur travail. » Ensuite, ils et elles dressent la carte du périmètre concerné (le master plan) avec ses spécificités paysagères et bâties.
« Cet état des lieux est aussi traduit en maquette. C’est ainsi que les étudiants prennent conscience de l’importance des choix opérés, à la charnière entre la dimension urbanistique et la dimension architecturale, relève Bernard Deffet. Et la maquette permet – troisième étape – d’élaborer des scénarios d’évolution du territoire, en tenant compte et du paysage et du potentiel de reconversion de la zone étudiée. » In fine, le territoire étudié sera partagé entre les étudiants en sous-zones, pour affiner la compréhension des lieux et développer des propositions de construction, de réaffectation ou de réhabilitation jusqu’à la définition architecturale fine du projet.
Au fur et à mesure du travail, les allers-retours entre les différentes échelles d’intervention se multiplient et les étudiants passent sans cesse du territoire au bâti. « C’est ainsi que s’opère la synthèse entre le projet urbain et le projet architectural », conclut Fabienne Courtejoie.
Les services d’urbanisme de la ville de Liège ont manifesté un vif intérêt pour cette approche. Après les quartiers du Longdoz, de Droixhe et de Sclessin, c’est la commune de Seraing/Ougrée qui sera au centre de leur attention en 2025.
Pour aller plus loin
Faculté d’Architecture ULiège, Yearbook. Master 2
Ateliers 2023. Droixhe, Liège, 2023
Faculté d’Architecture ULiège, Yearbook. Master 2
Ateliers 2024. Sclessin, Liège, 2024.