Un ménage sur cinq

Touché par la pauvreté


Dans Univers Cité
Article Patricia JANSSENS

Le vendredi 18 octobre, le FER ULiège organisait dans la salle des professeurs à l’Université, une rencontre autour du thème “Pauvreté et genre, des réalités aux enjeux” en présence, notamment, de Christine Mahy, secrétaire générale du “Réseau wallon de lutte contre la pauvreté” et docteur honoris causa de l’ULiège.

Christine Mahy a d’abord souligné la persistance de la pauvreté en Wallonie : un ménage sur cinq vit dans l’indigence ; un jeune sur cinq a recours à l’aide sociale. À Namur, les manifestations lors de la “Journée mondiale de lutte contre la pauvreté”, le 17 octobre, ont rappelé cette réalité. Christine Mahy a relevé une fois encore que les inégalités financières et familiales conduisent à une multiplicité de difficultés et privations entrelacées ainsi qu’à un risque réel de déclassement social. C’est la raison pour laquelle le Réseau revendique pour tous un “droit à l’aisance”, comprenant un accès à un logement abordable, une alimentation et des soins de qualité, un enseignement inclusif et gratuit ainsi qu’un droit à une information, une communication et un accueil non digitalisés.

La secrétaire générale a interrogé l’abandon des formations et recherches universitaires spécifiques sur cette problématique, réalité confirmée par le relevé effectué par le FER ULiège et qui n’a pas manqué d’interpeler la Pr Florence Caeymaex, conseillère de la Rectrice à l’éthique et aux politiques d’égalité. Ainsi, non seulement de plus en plus d’étudiants dans le besoin fréquentent les amphis, mais les futurs professionnels et décideurs ne sont pas outillés pour décoder et analyser les racines, indicateurs, réalités et enjeux de la pauvreté, avec le risque de penser cette dernière dans des termes uniquement individuels et stéréotypés. Ce déficit touche même les sciences sociales et économiques, a priori les plus concernées. En fait, ce manque impacte de manière tangible bien d’autres formations et professions, des médecins aux urbanistes en passant par les pédagogues. L’appel de Christine Mahy semble avoir été entendu par les académiques et étudiant·es présent·es ainsi que par la conseillère à l’égalité qui s’est engagée, à titre personnel du moins, à veiller à redresser la situation, notamment en dotant les nouvelles formations consacrées au développement durable d’un volet social digne de ce nom.

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