Petites mythologies ULiégeoises
Romans, poésie, théâtre... Sélection, toute subjective, parmi les meilleures publications récentes des membres de l’Université et de ses alumni.
Un livre, une histoire... Coup de projecteur sur une pépite conservée dans les collections précieuses de l’université de Liège : un herbier monumental du 17e siècle, conçu par l’apothicaire allemand Basilius Besler, l’un des plus beaux trésors de la littérature botanique.
D’emblée, l’ouvrage impressionne : 55 centimètres sur 45, une trentaine de kilos, 850 pages dont 367 gravures, le tout scellé par des fermoirs en laiton. Hortus Eystettensis est un livre monumental à divers points de vue. Dans la seconde moitié du 16e siècle et au début du 17e siècle, le développement des jardins favorise les études botaniques et il devient de bon ton de publier un florilège de son jardin. En 1606, le prince-évêque d’Eichstätt Johan Konrad von Gemmingen, passionné de botanique, confie à Basilius Besler, apothicaire de Nuremberg, la charge de réaliser un ouvrage consacré aux jardins du château bavarois de Saint-Willebald, considérés parmi les plus prestigieux à l’époque en Allemagne. Besler se lance dans l’entreprise. Von Gemmingen meurt alors que le projet en est à ses prémices et son successeur n’y porte guère d’intérêt, mais l’apothicaire continuera à assurer la direction de l’ouvrage jusqu’à sa publication en 1613.
Basilius Besler fait appel à plusieurs graveurs sur cuivre – une technique onéreuse, qui offre un résultat plus fin que la gravure sur bois – pour composer un florilège éclatant, qui recense plus de 1000 espèces de plantes classées au fil des quatre saisons. Certaines planches de l’exemplaire de cette encyclopédie que possède l’université de Liège sont peintes ; elles se révèlent d’une beauté et d’un éclat étonnants, 400 ans plus tard.
« Ce florilège est l’un des premiers ouvrages botaniques de ce type et a permis d’éclairer et de comprendre l’usage des plantes », note Laurent Gohy, botaniste et responsable de l’Herbarium – collection muséale de l’ULiège, en faculté des Sciences, regroupant 600 000 échantillons de végétaux. « Ce livre a fait figure de référence jusqu’en 1800 environ, jusqu’à ce que les vues avec microscopes apportent de nombreux détails supplémentaires. La notion de classification par familles de plantes n’est pas encore présente à l’époque de Besler, qui suit donc la logique évidente des saisons », ajoute le chercheur. Et si le souci esthétique de l’herbier prend parfois le pas sur l’exactitude des représentations, « cet ouvrage méticuleux peut encore permettre de résoudre certains mystères liés à des plantes qui, aujourd’hui, ont disparu ».
Quelles lectrices, quels lecteurs du Quinzième Jour êtes-vous ? Quelles sont vos habitudes de lecture ? Avez-vous des suggestions ?
Romans, poésie, théâtre... Sélection, toute subjective, parmi les meilleures publications récentes des membres de l’Université et de ses alumni.
Alors que les populations d’insectes déclinent, l’ULiège renforce sa formation en entomologie et tisse des ponts avec l’Afrique pour comprendre et préserver une biodiversité majoritaire sur notre planète mais encore largement inconnue.
Leurs noms peuplent les couloirs de l’ULiège. Par leurs recherches et leur vision de la science, ils et elles ont marqué l’histoire. Retour sur le parcours d’Édouard Van Beneden.