Édouard Van Beneden, diviser pour mieux se multiplier

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Dans Omni Sciences
©️ Collage : Sophie Minon

Leurs noms peuplent les couloirs de l’ULiège. Par leurs recherches et leur vision de la science, ils et elles ont marqué l’histoire. Retour sur le parcours d’Édouard Van Beneden. Où il est question d’œuf, de voyages et d’un quai en bord de Meuse. 

Édouard-Joseph-Louis-Marie Van Beneden nait à Louvain le 5 mars 1846, fils de Pierre-Joseph Van Beneden (1809-1894), éminent zoologiste à l'université de Louvain et fondateur, à Ostende, de la première station de recherches marines au monde. À 19 ans, Édouard entame des études en biologie, passionné par les observations au microscope réalisées avec son père. Il s’oriente très vite vers l'embryologie et la zoologie, fasciné par les travaux de Schwann, Lamarck et Darwin. Dès son mémoire de fin d’études, il se penche sur le comportement de l’œuf dans le règne animal. Il démontre – idée décisive – que, chez toute espèce, les œufs sont des cellules et que tout organisme provient d’une unique cellule qui se multiplie.

Son ascension est fulgurante. Dès 1870, Édouard Van Beneden gravit les échelons de la hiérarchie académique. Devenu professeur ordinaire à 32 ans, il reprend le cours d'embryologie de Théodore Schwann à la mort de ce dernier. Il refusera, par deux fois, le poste de Recteur – pour conserver son indépendance d'action.

Curieux et voyageur (Allemagne, Norvège, Brésil), il collecte, observe, compare. Il emmène ses étudiants dans les stations zoologiques de Concarneau, Ostende ou encore Naples. Excellent pédagogue en plus d’être un savant renommé, Van Beneden va profondément influer sur le développement de l'université de Liège : introduction de la biologie dans les études médicales, création de laboratoires liés à l’ichtyologie (étude des poissons), dont l’Aquarium-Muséum et la station de recherches sous-marines et océanographiques Stareso en Corse, et fondation de l’Institut de zoologie. Une importante école d'embryologie comparée et expérimentale se constitue à Liège autour de lui, et persistera après sa mort.

À partir de 1883, il étudie un ver parasite du cheval, Ascaris megalocephala. Il observe minutieusement les mécanismes de maturation de l’œuf et met à jour le processus de réduction chromatique : la méiose. Étant entendu que l’œuf et le spermatozoïde ne sont chacun que des demi-cellules, le mécanisme de fécondation de l’œuf devient clair. Il démontre qu’il s’agit de la fusion de deux demi-noyaux cellulaires (mâle et femelle) contenant chacun la moitié du nombre de chromosomes. Il découvre ainsi le mécanisme de l’hérédité.

En 1887, il fait la seconde découverte marquante de sa carrière en décrivant ce qu’il appelle le corpuscule central (centrosome) et son comportement lors de la division cellulaire. S’ajoutent ses recherches sur le développement de l’embryon et en particulier l’ontogenèse – évolution d’un organisme de l’œuf à l’état adulte – des mammifères.

Après 1890, le biologiste publie moins et se retire souvent dans son château de Ramelot-en-Condroz. Il meurt le 28 avril 1910 d'une paralysie ascendante de Landry, qu’il diagnostique lui-même trois jours auparavant. Féru de science jusqu’à son dernier souffle, il décède sur un lit de camp dans son laboratoire de l'Institut de zoologie – bâtiment situé sur le quai rebaptisé en 1920 à son nom, Édouard Van Beneden.

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