Au fil des heures

DONum, trésors de l’université

Dans Omni Sciences
Photos Virginie Havelange

©️ Virginie Havelange

Un livre, une histoire. Coup de projecteur sur une pépite conservée dans les collections précieuses des bibliothèques de l’ULiège : le Livre d’heures de Jean de Lannoy, magnifique ouvrage de dévotion de la toute fin du Moyen Âge, réalisé en demi-grisaille et à la feuille d’or.

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atines, laudes, tierce, sexte, none, vêpres et complies : la liturgie des heures, dans l’Église catholique, rythme la journée au fil de prières quotidiennes appelées “offices”. Les “livres d’heures” étaient des objets courants et très utilisés, supports à la dévotion des croyants dans leur sphère privée. Certains exemplaires de luxe et d’apparat, néanmoins, sortaient du lot. Loin d’être feuilletés au quotidien, ils restaient plutôt précieusement dans les bibliothèques. C’est le cas du Livre d’heures réalisé pour Jean de Lannoy, dit le Bâtisseur (1410-1493), par l’atelier de Maître de Philippe de Croÿ. « Il s’agit de l’un des plus beaux ouvrages de notre collection, hérité du baron Adrien Wittert », confie Cécile Oger, conservatrice des fonds patrimoniaux, qui le compte parmi ses préférés.

Jean de Lannoy était un aristocrate proche de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Rien de surprenant, donc, à ce qu’il ait commandé un manuscrit en demi-grisaille, technique à la mode à l’époque dans les ouvrages destinés à la cour de Bourgogne. Soit des teintes noires et blanches, rehaussées de doré, de bleu et de quelques touches de rouge pour mettre en valeur les noms des saints les plus importants. « L’enlumineur a travaillé avec des feuilles d’or de 24 carats, posées en relief et parcourues de fins dessins. C’est un travail magnifique », poursuit la conservatrice. Comble du chic, le manuscrit – impeccablement conservé depuis le 15e siècle – a été réalisé sur du vélin, un parchemin très luxueux, lisse et blanc, fabriqué à partir de peau de veau mort-né ou très jeune.

Les livres d’heures suivent un schéma bien établi : le texte des prières est fixé, tout comme l’iconographie principale. La décoration marginale et la mise en valeur de certains saints peuvent varier. Ici, sous les illustrations se déploient des marges d’une grande finesse, avec oiseaux, fleurs, végétation, scènes de chasse et êtres fantastiques. Et Jean de Lannoy, coutume à l’époque, s’est fait représenter à deux reprises dans des “portraits de dévotion”, aux pieds de sainte Barbe et aux pieds de la Vierge.


DONum permet un accès libre aux collections patrimoniales numérisées de l'ULiège et de ses institutions partenaires.

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