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CHOISIS TON BŒUF Par ailleurs, comment aborder l’impact réel des activités d’élevage sur notre environnement ? « Les chiffres mondiaux de la FAO sur la défo- restation ne concernent pas la Belgique. En Wallonie, si les prairies occupent 48% de la sur- face utile agricole, l’élevage n’est pas une cause de déforestation. À l’inverse, elles constituent un garant important du maintien de la biodiversité » , soulignent les autorités. Dans les zones non culti- vables, en Ardenne notamment, les prairies sont les seules cultures possibles. De plus, l’élevage permet de résister à la pression immobilière. Une position que partage globalement Isabelle Dufrasne à la faculté de Médecine vétérinaire de l’ULiège. Cette enseignante-chercheuse en nutrition et alimentation des animaux domes- tiques (directrice du Centre des technologies agronomiques à Strée) explique que les bovins, herbivores et ruminants valorisent les prai- ries avec lesquelles on ne pourrait rien faire d’autre, en transformant directement les fibres (herbe, fourrage, etc.) en protéines utiles pour l’homme. Leur alimentation est à quatre-cin- quièmes composée d’herbe pâturée ou de foin, complétée avec d’autres aliments riches en pro- téines, produits en Belgique (pois protéagineux ou lupin), ou importés tels que les tourteaux de soja provenant notamment du Brésil. Lorsque la proportion de ces résidus solides résultant de l’extraction d’huile de soja reste faible, l’im- pact sur l’environnement demeure réduit. On les nourrit également de maïs fourrager et de pulpes de betteraves facilement produits au niveau local. Les porcs et volailles, par contre, mam- mifères monogastriques, se nourrissent d’une moindre proportion de fibres (seulement 5 à 7% de cellulose brute pour les premiers) et sont nettement plus gourmands en protéagineux, ce qui induit une compétition entre alimentation animale et humaine dans les productions agri- coles et entraîne aussi davantage d’exportations d’orge, de soja et de lupin. Ces pâturages ont en effet la faculté de stocker du carbone et sont susceptibles de compenser en partie les émissions de gaz à effet de serre (CO 2 ). Isabelle Dufrasne détaille : « Dans les 30 premiers centimètres du sol, cela représente 70 tonnes de carbone emprisonné par hectare et par an pour les prairies permanentes ou les forêts, contre 43 kg pour les terres de culture arable. La conversion d’une prairie permanente vers une culture arable se solde par une perte de 0,95 tonne de carbone par hectare et par an. La perte est, par contre, minime si on convertit un bois en prairie permanente. Et si c’est un bois converti en culture arable, on perd 0,75 tonne . » En 2016, les statistiques fédérales établissent que, hors volailles, un peu plus de 12 millions d’animaux ont été abattus en Belgique. Ce qui représente une légère hausse (1,21%) par rapport à l’année 2000 2 . Malheureusement, par rapport au poids de viande que cela représentait en 2017, il s’agissait majoritairement de porc (un milliard de kilos), de 461 millions de kg de volaille et de 270 millions de kg de bovins. Des chiffres impressionnants qui montrent le développement de la filière porcine, six fois plus importante qu’au milieu du siècle der- nier et largement tournée vers l’exportation. Plus 2 https://statbel.fgov.be/ septembre-décembre 2018 / 271 ULiège www.uliege.be/LQJ 70 /1%6,(* .%&#

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