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toutes les disciplines, et en coordination avec le terrain. La communication est dès lors un élément majeur de la gestion de crise. Communication avec le public, bien sûr, mais également et surtout entre tous ces acteurs. Et plus il y a d’intervenants, plus ça dure et plus c’est compliqué. LQJ : Et ça se complique encore quand le Fédéral est impliqué… A.T. : Effectivement. Dans le cas d’une crise touchant plusieurs provinces (comme cela a été le cas lors des inon- dations) ou l’ensemble du territoire (comme l’épidémie du coronavirus), il est prévu que la coordination stratégique échoit au niveau fédéral, sous la responsabilité du ministre de l’Intérieur. Mais dans la pratique, ce niveau est rarement concerné. Depuis quelques années, l’accent a été mis sur la gestion locale. Par exemple, lors de la crise de Godinne de 2012 (une collision ferroviaire impliquant le transport de produits chimiques), les services du gouverneur sont venus appuyer les services du bourgmestre en renfort, plutôt que de déclencher le niveau provincial. Quelques risques sont véritablement pensés au niveau fédéral, comme les acci- dents nucléaires ou les risques terroristes. LQJ : Qu’est-ce que ça signifie, penser un risque ? A.T. : Un risque est tout événement pour lequel il est possible de mesurer la probabilité d’occurrence, en fonction de la vul- nérabilité du système qui est touché. De cette manière, on transforme des dangers et des incertitudes en quelque chose de mesurable, afin de prendre un certain nombre de mesures dans le but de limiter leur portée, voire de les éviter. Ces mesures sont évidemment politiques, puisque cela implique de hiérarchiser certains risques par rapport à d’autres. Un pays peut par exemple interdire une activité à risque comme le nucléaire, car il estime que les dommages potentiels sont supérieurs aux bénéfices de cette activi- té. D’autres, en revanche, ne peuvent pas être interdits, comme la circulation des personnes. En identifiant les dangers, on peut donc prendre une série de mesures pour les limiter : obliger le port de la ceinture, limiter la vitesse, faire des campagnes de communication, créer et gérer des infrastructures, etc. Penser les risques dans le cas d’une pandémie, c’est prendre des mesures pour limiter au maximum la diffusion du virus : J.-L. Wertz septembre-décembre 2021 / 280 ULiège www.ul iege.be/LQJ 7 l’opinion

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