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(acronyme de nonlinear systems), qui a bien fonctionné jusqu’au Covid, avec des contrats pour des entreprises telles que Airbus, Ariane Group et Pratt & Whitney. À partir du confinement, ces entreprises ont allégé leur programme de R&D pour se concentrer sur la production. Et NOLISYS, qui est toujours active, n’a jamais retrouvé le niveau d’avant Covid », partage-t-il. Aujourd’hui, Safran Aero Boosters collabore étroitement avec le laboratoire de Gaëtan Kerschen, à la fois pour former les ingénieurs du groupe Safran (pas seulement de la filiale liégeoise !) mais aussi pour analyser les vibrations non-linéaires de leurs produits. NOUVELLE GÉNÉRATION DE TESTS Rebelote, si l’on peut dire, en juin 2025. Cette fois, c’est une ERC Advanced Grant que le professeur liégeois décroche. Le Conseil européen a en effet été séduit par son projet ENTIRE (Experimental Continuation in Nonlinear Dynamics : Aerospace Engineering and Beyond) qui vise à développer la nouvelle génération de tests vibratoires pour les structures aéronautiques et spatiales. « Dans les tests vibratoires actuels, il y a un protocole à respecter mais qui ne tient pas compte des vibrations non-linéaires. C’est cette lacune que nous voulons combler. » Actuellement, lors de ces tests, on applique une excitation à une structure, on mesure les conséquences. Et c’est tout. Gaëtan Kerschen et son équipe veulent concevoir des tests capables d’adapter l’excitation en fonction des résultats mesurés. Des tests “intelligents” en quelque sorte, aptes à évoluer en fonction des réponses mesurées sur les structures. Lesquelles peuvent être un composant moteur par exemple, ou un avion, ou des satellite entiers. Un projet qui intéresse aussi la Wallonie puisque, fin de l’année dernière, celle-ci a décidé, dans le cadre du programme WEL-T Investigator**, de financer un volet dédié à la valorisation industrielle. « Au lieu d’ignorer ou contourner les non-linéarités, les ingénieurs pourront ainsi disposer d’outils pour les mesurer, les comprendre et les intégrer dans leurs modèles numériques », espère le Pr Kerschen. Parallèlement aux applications aérospatiales, le projet WEL-T explorera également de nouvelles perspectives en neurosciences, grâce à des recherches consacrées aux crises d’épilepsie, en collaboration avec l’Institut des neurosciences de Marseille. Celles-ci présentent en effet une dynamique qui rappellent certaines instabilités bien connues en aéronautique. Dans les deux cas, on observe un basculement soudain d’un état stable vers un comportement instable. Pour les chercheurs marseillais, les crises sont considérées non pas comme une simple décharge aléatoire, mais comme une activité neuronale “encodée” qui émerge lorsque le système cérébral franchit un certain seuil. Ce croisement entre disciplines pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour mieux détecter, anticiper et comprendre les crises d’épilepsie. SIMULATEUR DE VOL Cette troisième bourse a d’ailleurs déjà eu une retombée positive. Gaëtan Kerschen a en effet décidé d’y consacrer la moitié de son temps, d’où la recherche de suppléants pour deux de ses cours. Une situation déjà expérimentée puisqu’il avait été titulaire d’une chaire de recherche Francqui de 2019 à 2022, qui permet à une ou un enseignant – reconnu dans son domaine – de se consacrer entièrement à ses recherches pendant trois ans, ses cours étant donnés par des suppléants engagés grâce à la fondation Francqui. « Deux de mes anciens étudiants, aujourd’hui ingénieurs chez Spacebel, enseignent mon cours sur les orbites des satellites qui apparaît dans le programme du master en aérospatiale (le seul master de ce type en Fédération Wallonie-Bruxelles). À leur initiative, un simulateur spatial professionnel (BASILES NG) a été intégré dans le cadre de ce cours. » Les étudiants, qui doivent concevoir leur propre logiciel de simulation orbital, pourront ainsi valider leur travail à l’aide de ce logiciel conçu par Spacebel pour et avec le CNES (Centre national français d’études spatiales). Homme passionné par les vibrations, Gaëtan Kerschen trouve le temps de vibrer pour le sport, une autre passion : « Pendant longtemps, j’ai pratiqué le tennis, puis j’ai poursuivi avec le triathlon. Je me levais le matin tôt pour courir ou rouler, puis je faisais des longueurs de bassin à l’Université sur le temps de midi. J’ai même couru des semi-Ironman ! Puis mes genoux ont dit stop. Aujourd’hui, j’ai dû me rabattre sur le padel et le golf que je pratique au Sart Tilman. J’ai découvert que ce dernier est presque un sport pour ingénieur : on a une cible à atteindre, il faut développer une stratégie, analyser une trajectoire ! » Comme pour les avions ou les satellites. On ne se refait pas. * Entreprise située près de Liège, devenue Safran Aero Boosters, filiale du groupe français Safran, deuxième équipementier aéronautique mondial. ** Le programme de financement WEL-Test, avec WEL Bio, l’un des deux programmes du WEL Research Institute, Institut interuniversitaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) soutenant la recherche stratégique et sa valorisation. MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 47 LE PARCOURS

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